🎬 Film
Dragon Ball Z : Fusions
Doragon Bōru Zetto: Fukkatsu no Fyūjon!! Gokū to Bejīta
ドラゴンボールZ 復活のフュージョン!!悟空とベジータ
Douzième film de Dragon Ball Z. Yamauchi sort du moule des Broly avec Janemba, un antagoniste muet, et fait de la fusion le sujet du film au lieu d'un gadget de fin de combat.
Synopsis & Critique
Mars 1995. La série touche à sa fin, l’arc Boo s’étire, et la Toei sort un douzième film de cinquante minutes dont personne n’attend grand-chose. Deux longs métrages sur Broly venaient d’épuiser la formule du guerrier légendaire qui tape fort. Shigeyasu Yamauchi, lui, décide de faire autre chose.
Il livre le seul film de l’un des seuls films de la saga que je revois encore aujourd’hui sans me forcer.

Janemba, le seul méchant de la filmographie que je trouve vraiment réussi
Le point de départ est bête, et c’est ce qui le rend bon. Un employé du purgatoire ne surveille pas sa machine à laver les âmes. Elle explose. Les esprits libérés s’agglutinent sur lui et donnent Janemba.
Sa première forme est un gros nounours jaune, joufflu, presque attendrissant. Il ne parle pas. Il joue. Il déforme l’espace comme un gamin qui triture de la pâte à modeler, et Sangoku met un temps fou à comprendre qu’il ne maîtrise rien de ce qui se passe.
Puis Janemba mue. Le nounours devient une silhouette filiforme, rouge et noire, muette elle aussi, et la blague s’arrête net.
C’est là que Yamauchi gagne. Freezer discourait, Cell se prenait pour un dieu, Broly hurlait un prénom pendant une heure. Janemba ne dit rien du tout, et il est plus inquiétant qu’eux trois. Je lui reproche une seule chose : sa première forme doit beaucoup trop à Boubou, à qui il emprunte la silhouette et le principe du monstre enfantin. Le film ne s’en cache même pas.
La fusion DBZ, une danse ridicule et deux boucles d’oreille
Voilà ce qui rend ce film important dans l’univers de Dragon Ball, et pas seulement agréable. Dragon Ball Z : Fusions est le premier film de la saga à faire de la fusion son sujet, et pas un gadget de fin de combat.
Dans la série, Sangoku et Végéta fusionnent pour former Vegeto en enfilant les potaras, ces boucles d’oreille des Kaioshin. C’est instantané, c’est solennel, c’est sans risque. Ici, rien de tout ça. Ils n’ont que la danse Metamor, apprise à la va-vite par Sangoku auprès des Metamools.
Et la danse est grotesque. Volontairement. Deux guerriers censés incarner la puissance absolue doivent se pencher, écarter les bras et faire coïncider leurs index en se disant fu-si-on. Végéta, qui préférerait mourir, le fait quand même. Ce moment dit plus sur son personnage que trois arcs entiers.
Mieux : la première tentative rate. Le prince garde les poings fermés, et il en sort un Gogeta obèse, poussif, qui gagne quand même du temps parce qu’il est trop mou pour être touché. Un film qui se prend au sérieux ne fait pas ça.
La fusion réussie, elle, tient en quelques minutes. Gogeta, né de Goku et Vegeta, apparaît, règle le problème d’un atomiseur cosmique, et repart. Pas de montée en puissance interminable, pas de genkidama de secours. En VOST, la scène claque. En VF, l’absence de la musique d’origine lui coupe les jambes, j’y reviens.
Deux mondes, deux palettes, et une direction artistique qui prend enfin des risques
L’autre bonne surprise est graphique. Le film alterne entre la Terre envahie par les morts-vivants et un au-delà saturé de couleurs, et il ne traite pas les deux de la même façon.
Le monde de Janemba part dans des jaunes acides et des violets que la série ne s’autorisait jamais. Le design des personnages est net, l’animation est tenue de bout en bout, et il y a même un effet de relief lors du passage en Super Saiyan 3. Comparé aux films précédents, souvent expédiés, l’écart saute aux yeux.

Sur Terre, Sangohan, Sangoten et Trunks affrontent une armée d’anciens ennemis. Freezer, Bojack, Zangya. Le film s’amuse à glisser un Hitler et un Dracula ridiculisés au milieu du lot, gag que la version française a purement et simplement coupé.
Ce que la VF vous a caché, et ne vous rend toujours pas
Parlons-en, parce que c’est le vrai défaut de ce film en France, et il n’a rien à voir avec Yamauchi.
La version française sortie en salles en 1995 a perdu toute la bande originale de Shunsuke Kikuchi, remplacée par des thèmes du film suivant. Personne n’a jamais expliqué pourquoi. Problème de droits ou ambiance jugée trop légère, les deux hypothèses circulent. La séquence avec Hitler a sauté elle aussi.
Il a fallu attendre l’édition collector pour récupérer les musiques d’origine. La scène coupée, elle, n’est revenue qu’en version originale : la piste française, elle, reste amputée à ce jour. Si vous avez grandi avec la VHS, vous n’avez pas vu le même film que moi, et si vous regardez la VF aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas.
Donc si vous le redécouvrez, prenez la VOST. Ce n’est pas du snobisme, c’est une question de bande-son et de montage.
Mon verdict
Cinquante minutes, pas une de trop. Un antagoniste muet et mémorable, une fusion traitée avec autodérision alors qu’elle aurait pu être solennelle, une direction artistique qui sort du gabarit, et un Gogeta qui ne traîne pas.
Ce n’est pas un grand film, et je ne vais pas prétendre le contraire. L’intrigue tient sur un ticket de métro, les enjeux sont nuls puisque tout le monde est déjà mort, et la partie terrestre avec Sangohan sert surtout à occuper le temps.
Mais c’est le seul de la série qui semble avoir été fait par quelqu’un qui s’amusait. Après les deux Broly, ça se sent tout de suite.
Si vous enchaînez les films de la saga, la revanche de Cooler joue exactement la carte inverse : du sérieux, du premier degré, et beaucoup moins de personnalité.
🇯🇵 Casting VO (Seiyuu)
🇫🇷 Casting VF
Équipe technique
Notre avis
Points forts
- Janemba, muet et inquiétant là où Freezer, Cell et Broly discouraient
- La danse Metamor jouée pour le ridicule, et Végéta qui s'y plie quand même
- La première fusion qui rate et donne un Gogeta obèse
- Une palette et une animation qui sortent du gabarit des films précédents
- Cinquante minutes sans montée en puissance interminable
Points faibles
- L'intrigue tient sur un ticket de métro
- Aucun enjeu, tout le monde est déjà mort
- La partie terrestre avec Sangohan sert à occuper le temps
- La première forme de Janemba doit beaucoup trop à Boubou
- En VF, la bande originale remplacée et la scène coupée jamais restaurée
Verdict
Le seul film de la saga fait par quelqu'un qui s'amusait
Ce n'est pas un grand film et il ne prétend pas l'être : l'intrigue tient sur un ticket de métro et les enjeux sont nuls puisque tout le monde est déjà mort. Mais Yamauchi sort du moule des deux Broly. Janemba ne dit pas un mot et il est plus inquiétant qu'eux trois, la fusion est traitée avec autodérision alors qu'elle aurait pu être solennelle, et la direction artistique s'autorise enfin des couleurs. En VOST, la scène de Gogeta claque. En VF, l'absence de la musique de Kikuchi lui coupe les jambes.
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