Si vous cherchez RealityScan, commençons par lever la confusion : c’est le nouveau nom de RealityCapture, la référence de la photogrammétrie qui coûtait plusieurs milliers d’euros aux studios. Epic Games a racheté le logiciel, l’a rebaptisé, et l’a surtout rendu gratuit pour la majorité de ses utilisateurs : particuliers, étudiants, et structures sous un certain seuil de revenus. Deux changements majeurs que beaucoup de tutoriels et de comparatifs n’ont pas suivis, si bien qu’une partie du web continue de décrire un produit qui n’existe plus, à un tarif qui n’existe plus. Cet article remet tout à plat : le renommage, les conditions exactes de la gratuité, les capacités du logiciel et sa vraie limite. Chiffres et conditions vérifiés du jour.

L'essentielEn clair
Nom actuelRealityScan (ex-RealityCapture, renommé en 2025)
PrixGratuit sous 1 M$ de chiffre d’affaires annuel, étudiants et enseignants sans condition ; 1 250 $/siège/an au-delà
Version couranteRealityScan 2.2 (24 juin 2026)
SystèmeWindows uniquement, GPU NVIDIA ou AMD (l’AMD est nouveau)
TéléchargementLe lanceur Epic Games, avec un compte Epic gratuit

RealityCapture est devenu RealityScan : ce qui a changé

realityscan

RealityScan est le nouveau nom de RealityCapture, le logiciel de photogrammétrie de Capturing Reality racheté par Epic Games et rebaptisé en 2025. L’histoire tient en quatre dates. 2016 : le studio slovaque Capturing Reality sort RealityCapture et s’impose sur un critère, la vitesse de traitement. 2021 : Epic Games rachète la société. Avril 2024 : Epic enterre l’ancien modèle de tarification à crédits (le fameux PPI, que personne n’a jamais trouvé lisible) et rend le logiciel gratuit pour la majorité des utilisateurs. 2025 : les noms fusionnent, le logiciel de bureau devient RealityScan 2.0 et l’application de téléphone devient RealityScan Mobile. Un seul nom, une seule famille, et des années de tutoriels qui parlent d’un logiciel introuvable.

Pour les anciens du métier qui liraient ceci : les licences Enterprise achetées avant avril 2024 peuvent conserver RealityCapture 1.4 ou 1.5, mais l’ancien serveur de licences a fermé. Si votre pipeline tourne encore sur ces versions, la migration n’est plus une option lointaine, c’est le prochain chantier.

RealityScan gratuit : pour qui, à quelles conditions ?

La page officielle noie un peu l’info, alors voici les conditions au propre, telles que vérifiées sur le site officiel de RealityScan. Le logiciel est gratuit pour les étudiants, les enseignants et les établissements d’enseignement, sans aucune condition de revenus. Il est gratuit aussi pour les particuliers et les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel brut reste sous 1 million de dollars. Autrement dit : le hobbyiste, le freelance, l’artisan, le petit studio, l’archéologue amateur et l’imprimeur 3D du dimanche sont tous couverts. Au-delà du million, l’abonnement coûte 1 250 dollars par siège et par an, géré via le portail développeur d’Epic, avec un essai de 30 jours pour se décider.

Le point qui compte, et qui distingue cette offre de tous les freemiums du marché : la version gratuite est le logiciel complet. Pas de filigrane, pas d’export bridé, pas de limite de photos. C’est le même RealityScan que celui des studios AAA. Pourquoi tant de générosité ? Parce qu’Epic ne vend pas un logiciel, Epic nourrit un écosystème : chaque asset scanné a vocation à finir dans Unreal Engine, et chaque créateur qui apprend la photogrammétrie sur RealityScan est un futur habitant de sa galaxie. C’est un calcul commercial parfaitement assumé, et de notre côté du clavier, c’est tout bénéfice. L’installation se fait comme un jeu : lanceur Epic Games, compte gratuit, bouton Installer.

Ce que RealityScan sait faire (et pourquoi il est si rapide)

Le principe de la photogrammétrie n’a pas changé : on photographie un objet ou un lieu sous tous les angles, avec un bon recouvrement entre les clichés (visez 70 à 90 %), et le logiciel reconstruit la géométrie. RealityScan aligne les images automatiquement, en croisant au besoin des scans laser, puis génère un nuage de points dense, le transforme en maillage, plaque les textures et exporte dans tous les formats utiles : OBJ, FBX, USDZ et compagnie. Ce qui a fait sa légende, c’est la vitesse : le logiciel est conçu pour traiter des milliers d’images là où d’autres saturent bien avant, et c’est mesurable sur n’importe quel gros jeu de photos. C’est cette rapidité qui l’a imposé chez les studios de jeu, les VFX, les architectes et les archéologues.

Les versions 2.x ont élargi le terrain de jeu du côté des pros : import de données LiDAR aéroportées, prise en charge des trajectoires SLAM des scanners portatifs, classification de nuages de points, et des outils d’automatisation qui permettent de monter de vraies fermes de calcul (il existe même une build en ligne de commande pour Linux, via Wine, pour ceux qui industrialisent). La 2.2 de juin 2026 ajoute au passage Pano2Views, un outil en ligne gratuit qui convertit les images des caméras 360 en un format que le pipeline sait digérer. Du hobbyiste à la ferme de rendu, le même outil couvre toute l’échelle.

RealityScan Mobile : scanner le monde avec son téléphone

realityscan mobile utilisation

L’app compagnon est une bonne porte d’entrée dans la photogrammétrie : RealityScan Mobile est gratuite sur iOS et Android, usage commercial compris, et elle fait de votre téléphone un scanner 3D correct pour les objets. La capture est guidée en réalité augmentée (l’app vous montre les angles qui manquent, ce qui évite le défaut classique du débutant), l’arrière-plan se supprime automatiquement, et l’export produit un maillage étanche, c’est-à-dire directement prêt à passer dans votre slicer pour l’impression 3D. Un premier scan d’objet prend une dizaine de minutes : c’est la façon la plus simple de voir si la numérisation 3D vous parle avant d’installer quoi que ce soit sur PC.

Un réglage à connaître : Par défaut, les conditions d’utilisation autorisent Epic à exploiter vos numérisations pour améliorer ses technologies, entraînement compris. C’est désactivable dans les réglages de l’application. Si vous scannez des objets personnels ou du matériel client, prenez trente secondes pour décocher l’option dès la première ouverture.

La configuration requise (et la mauvaise nouvelle pour les Mac)

Le logiciel de bureau tourne sur Windows, et sur Windows uniquement. Pas de version Mac, et rien n’indique que ça changera : le lecteur sur Mac doit se tourner vers Metashape ou Meshroom, on y vient au chapitre suivant. Côté machine, prévoyez un processeur multi-cœurs sérieux et 32 Go de RAM ou plus pour les projets volumineux ; la photogrammétrie sollicite fortement la machine, il faut le savoir avant de se lancer.

Nouveau depuis juin 2026 : les cartes AMD sont acceptées : Pendant des années, la règle était brutale : GPU NVIDIA obligatoire, moteur CUDA oblige, et les possesseurs de Radeon regardaient passer le train. C’est terminé : RealityScan 2.2 (24 juin 2026) apporte l’accélération complète sur les GPU AMD, Radeon et Radeon PRO, au même niveau que NVIDIA. Mieux : le logiciel peut faire travailler une carte AMD et une carte NVIDIA côte à côte dans la même machine, en répartissant le calcul sur tout ce qu’il trouve. Si un article vous dit encore « NVIDIA obligatoire », il date d’avant l’été.

RealityScan, Metashape ou Meshroom : lequel choisir ?

La question arrive toujours, alors voici mon positionnement en trois profils. RealityScan d’abord : si vous êtes sous Windows avec un GPU récent, c’est le choix par défaut : le plus rapide des trois, et gratuit pour la plupart des profils. Metashape ensuite : payant, moins véloce sur les gros volumes, mais multiplateforme (et c’est la vraie réponse pour les Mac) avec des workflows scientifiques et cartographiques très aboutis, ce qui en fait le chouchou des géomètres et des chercheurs. Meshroom enfin : open source et gratuit, plus lent et plus technique, mais transparent de bout en bout, idéal pour apprendre ce qui se passe sous le capot ou pour un pipeline 100 % libre. Et pour le cas particulier du drone et de la cartographie professionnelle, Pix4D reste la maison spécialisée.

Le pont Unreal Engine : scanner pour créer

ality scan pour unreal engine

On l’a dit, la gratuité a une raison d’être : le pipeline scan-to-game. Un asset sorti de RealityScan s’importe dans Unreal Engine sans conversion ni friction (même éditeur oblige), et c’est aujourd’hui le chemin le plus direct entre un objet réel et une scène de jeu ou de cinématique. Les environnements photoréalistes que vous voyez dans les productions récentes doivent beaucoup à cette chaîne : on photographie une carrière, un mur, une souche, et l’objet numérisé rejoint la bibliothèque du studio. Rien n’empêche évidemment d’exporter vers Blender, Unity ou n’importe quel logiciel du marché, les formats de sortie sont standards. Mais si votre horizon est le jeu vidéo, la paire RealityScan plus Unreal est le duo à privilégier : notre guide des moteurs de jeu vous aidera à choisir la suite du pipeline.

En résumé

Quatre profils, quatre réponses. Le curieux : RealityScan Mobile, gratuite, et un premier scan dans la soirée. Le créateur équipé d’un GPU récent sous Windows : RealityScan desktop, gratuit et complet, foncez. L’utilisateur Mac : Metashape pour le sérieux, Meshroom pour le libre. Le studio au-dessus du million : 1 250 $ le siège, ce qui reste très en dessous de ce que coûtait l’ancien RealityCapture en licences. Dans tous les cas, la barrière d’entrée de la photogrammétrie n’a jamais été aussi basse : un téléphone pour essayer, un PC correct pour produire, et un logiciel professionnel qui ne coûte rien à la plupart d’entre nous.