Dans cette série sur les alternatives à Google, nous avons vu des moteurs qui protègent votre vie privée en cachant vos requêtes derrière un proxy (Startpage), d’autres qui utilisent l’API Bing en supprimant le pistage (DuckDuckGo), d’autres encore qui construisent leur propre index tout en s’appuyant sur celui de Google quand le leur ne suffit pas (Brave Search). Mojeek est fondamentalement différent. C’est le seul moteur de recherche privacy-first au monde qui possède son propre index, son propre crawler, son propre algorithme de classement — et qui ne dépend d’absolument aucun autre moteur pour ses résultats. Ni Google, ni Bing, ni personne. Quand vous cherchez sur Mojeek, les résultats viennent exclusivement de Mojeek. Et aucune de vos données n’est collectée dans le processus. C’est aussi le moteur le plus petit, le plus modeste et le plus fragile de toute cette série. Avec 4 employés, ~200 000 $ de revenus annuels et un investisseur principal qui vient de la presse locale britannique, Mojeek est la preuve vivante qu’il est encore possible de construire un vrai moteur de recherche indépendant en 2026 — et que c’est extraordinairement difficile.

En résumé : Mojeek est un moteur de recherche indépendant basé au Royaume-Uni, fondé en 2004 par Marc Smith. Premier moteur de recherche au monde à adopter une politique de non-pistage (2006). Index propriétaire de plus de 8 milliards de pages, crawlé et indexé par son propre robot (MojeekBot). Algorithme de classement maison (Gravity), similaire à PageRank mais sans personnalisation ni données de clics. Hébergé dans l’un des datacenters les plus écologiques du Royaume-Uni (Custodian DC, Maidstone). Équipe de ~4 personnes. Financement privé (~3,9 M$ levés), pas de capital-risque. Publicités contextuelles sans pistage (programme fermé). API de recherche complète. Résumés IA optionnels via Mixtral (startup française Mistral AI). Application Android disponible.

Qu’est-ce que Mojeek ?

Terme

Mojeek est un moteur de recherche indépendant (pas un métamoteur) basé à Brighton, Royaume-Uni. Il possède son propre crawler (MojeekBot), son propre index de plus de 8 milliards de pages web, et son propre algorithme de classement (Gravity). Mojeek ne collecte aucune adresse IP, aucun historique de recherche, aucune donnée de clic, et n’utilise aucune forme de profilage ou de personnalisation. Deux utilisateurs effectuant la même recherche au même moment dans le même pays obtiennent exactement les mêmes résultats. Mojeek est le seul moteur de recherche privacy-first au monde à fonctionner avec un index entièrement indépendant de Google et Bing.

L’histoire de Mojeek : 20 ans d’indépendance obstinée

2004Marc Smith, développeur britannique, commence à construire Mojeek comme projet personnel au Sussex Innovation Centre de Brighton. Le moteur tourne sur deux serveurs et un laptop dans sa chambre. Smith développe tout de zéro : le crawler, l’indexeur et l’algorithme de classement. Le moteur est écrit principalement en C pour maximiser les performances.

18 mars 2006 — Le moment fondateur. Smith observe les requêtes arrivant sur Mojeek et remarque un utilisateur venu de Google qui effectue immédiatement une recherche sur un sujet médical sensible. Il réalise que Mojeek possède les données pour identifier cette personne — et décide qu’aucun moteur de recherche ne devrait avoir ce pouvoir. Ce jour-là, Mojeek devient le premier moteur de recherche au monde à adopter une politique de non-pistage. Cette politique est toujours en vigueur en 2026, vingt ans plus tard.

2009 — Mojeek est officiellement constituée en société (Mojeek Limited).

2013 — Premier investissement majeur : 250 000 £ d’un groupe d’investisseurs privés. Les serveurs sont déplacés vers le datacenter Custodian DC à Maidstone, lauréat du prix « Green Data Centre » (l’un des datacenters les plus écologiques du Royaume-Uni).

2015 — Mojeek franchit le cap du milliard de pages indexées, le premier moteur britannique et l’un des rares au monde à atteindre cette échelle. Apparition du fondateur sur BBC World et Radio 5 Live.

2017 — En partenariat avec EMRAYS Technologies, Mojeek lance une démo de « recherche émotionnelle » : la première au monde permettant de chercher des pages web selon leur contenu émotionnel (via deep learning sur le sentiment des textes).

Juin 20182 milliards de pages indexées. Smith souligne la différence entre moteur à crawler propre et métamoteur : construire un index prend des années, un métamoteur peut être monté en deux semaines.

Fin 2019 — Investissement majeur : Edward Iliffe (propriétaire d’Iliffe Media, groupe de presse locale britannique) s’engage à investir 2,3 millions de livres dans Mojeek. Condition : un effort sérieux de commercialisation, avec des tranches d’investissement liées à des jalons.

Avril 20203 milliards de pages. Le nombre de serveurs passe de 100 à 200.

Juillet 2020Colin Hayhurst est nommé CEO. Entrepreneur tech chevronné, co-fondateur de sa première startup dans les années 1980, passage par Y Combinator (été 2012), deux exits au NASDAQ, expert en HPC et machine learning. Ancien expert mondial des débris spatiaux, ayant travaillé sur le projet de Station spatiale internationale. Smith reste fondateur et développeur principal.

Juin 20214 milliards de pages. L’équipe passe à 7 personnes (toutes en télétravail).

Mars 20225 milliards de pages. Mojeek devient le moteur de recherche par défaut de Privacy Browser. L’objectif d’atteindre 8 milliards de pages est fixé.

Octobre 2023 — Mojeek propose le NoML (No Machine Learning), une balise méta permettant aux éditeurs de sites d’indiquer que leur contenu ne doit pas être utilisé pour l’entraînement d’IA. Lettre ouverte co-signée par 7 entreprises et projets de recherche. Une initiative qui distingue Mojeek : respecter le web ouvert plutôt que de le piller.

Avril 2024 — Lancement des résumés IA optionnels via Mixtral (Mistral AI, startup française). Utilisation de RAG : le résumé est généré à partir des résultats de recherche Mojeek avec citations. Activable/désactivable par l’utilisateur. Aucun pistage impliqué. Hayhurst insiste : les résumés sans liens vers les sources originales sont « indignes de confiance et opaques ».

Août 2024 — Dernière levée connue : 512 000 $ (Seed). Financement total cumulé : ~3,94 millions de dollars sur 5 tours.

2025-2026 — Index estimé à 8+ milliards de pages (objectif atteint après le déploiement de centaines de nouveaux serveurs). 200-300 serveurs bare-metal dans leur propre salle dédiée chez Custodian DC. Revenu annuel estimé : ~193 000 $. Équipe de ~4 personnes actuellement. Programme de publicités contextuelles sans pistage en place (programme fermé, nombre limité d’annonceurs). API de recherche disponible pour les développeurs.

Comment fonctionne Mojeek

Le crawler : MojeekBot

MojeekBot parcourt le web en suivant les liens de page en page, exactement comme le fait Googlebot. Il indexe les pages qu’il visite en extrayant le contenu textuel et les liens entrants/sortants. Mojeek respecte scrupuleusement le fichier robots.txt de chaque site — un comportement que l’entreprise souligne comme de plus en plus rare à l’ère de l’IA, où de nombreux bots ignorent ces directives pour alimenter leurs modèles.

L’index : des milliards de pages

Les pages crawlées sont stockées dans un index propriétaire utilisant des WordIDs et DocIDs. L’index actuel contient plus de 8 milliards de pages. Pour comparaison : Google indexe des centaines de milliards de pages, Bing environ 15-20 milliards, Brave Search environ 20+ milliards. L’index de Mojeek est significativement plus petit, ce qui se traduit par des résultats parfois moins complets sur des sujets de niche.

L’algorithme : Gravity

Gravity est l’algorithme de classement propriétaire de Mojeek. Il fonctionne sur un principe similaire à PageRank : il évalue la pertinence et la qualité des pages en analysant leur contenu textuel et la qualité/quantité de leurs liens entrants. Mais avec des différences fondamentales par rapport à Google : aucune personnalisation, aucune donnée de clics, aucun historique utilisateur, aucun clickstream. Le classement est purement objectif. Depuis début 2024, Mojeek intègre aussi du matching sémantique en complément du matching par mots-clés, pour améliorer la pertinence.

Neutralité informationnelle — Le principe philosophique central de Mojeek. En dehors du contenu illégal (CSAM), des malwares et du spam, Mojeek ne censure pas les résultats. Pas de modération éditoriale, pas de « boost » commercial, pas de résultats sponsorisés déguisés en résultats organiques. La politique de contenu est publique et claire.

Les fonctionnalités de Mojeek

Mojeek Focus — Fonctionnalité permettant de créer des listes personnalisées de sites à travers lesquels chercher. Similaire aux Goggles de Brave ou aux Lenses de Kagi, mais sans création de compte. Vous définissez un ensemble de sites (par exemple, uniquement les sites techniques) et Mojeek cherche exclusivement dans ceux-ci. Les racines de Focus remontent à 2006 sous le nom « Personal Search ».

Résumés IA (optionnels) — Depuis avril 2024, Mojeek propose des résumés générés par Mixtral (Mistral AI, via Lepton). Deux modes : un résumé à côté des résultats web, ou un onglet dédié « Summary » avec liens vers les sources. Les citations sont des hyperliens vers les résultats traditionnels. Activable/désactivable selon vos préférences. Sans pistage.

API de recherche — Mojeek propose une API complète donnant accès à l’intégralité de l’index. Résultats en JSON ou XML. Commandes de recherche avancées, boosting par pays/langue, clustering par site, SafeSearch configurable, scores d’autorité et sémantique disponibles sur les plans custom. Re-classement des résultats autorisé. Tarification personnalisée.

Recherche par émotion — Fonctionnalité expérimentale (depuis 2017) utilisant le deep learning pour évaluer le sentiment des pages web et permettre de filtrer par contenu émotionnel.

Application Android — Disponible sur Google Play. Interface minimaliste, recherche sans pistage. Les avis sont polarisés : certains adorent la simplicité, d’autres la trouvent trop basique (pas de paramètres dans l’application).

Extensions navigateur — Disponibles pour Firefox (desktop et Android) et Chrome. Permettent de définir Mojeek comme moteur par défaut.

Publicités contextuelles sans pistage — Mojeek a développé son propre stack publicitaire. Les annonces sont basées sur les mots-clés de la requête (publicité contextuelle), pas sur le profilage de l’utilisateur. Programme fermé, nombre limité d’annonceurs. Ciblage par mot-clé et localisation uniquement.

Mojeek vs DuckDuckGo

Mojeek
Moteur indépendant, index propriétaire, UK
VS
DuckDuckGo
Métamoteur, API Bing + 400 sources, USA
Index propriétaire (MojeekBot + Gravity)
Source des résultats
API Bing + DuckDuckBot + 400 sources
8+ milliards de pages
Taille de l’index
Centaines de milliards (via Bing)
Zero tracking depuis 2006 (vérifiable)
Vie privée
Pas de stockage des recherches (non vérifiable)
Publicités contextuelles sans pistage
Modèle économique
Publicités contextuelles via Bing Ads
100 % indépendant de Big Tech
Indépendance
Dépend de Microsoft (Bing) pour les résultats
Interface épurée, moins de fonctionnalités
Facilité d’utilisation
Interface soignée, bangs, applis mobiles
Résumés Mixtral optionnels (RAG)
IA intégrée
Duck.ai (GPT-5 mini, Claude, Llama, Mistral)
Moins complet sur les requêtes de niche
Qualité des résultats
Plus complet grâce à l’index Bing
~4 personnes, investisseurs privés
Taille de l’entreprise
~200 employés, revenus publicitaires
Application Android basique
Applications mobiles
iOS, Android, extensions, navigateur privé

Les limites : ce que l’indépendance coûte

Un index plus petit = des résultats moins complets

C’est la conséquence inévitable de l’indépendance. 8 milliards de pages, c’est impressionnant pour une équipe de 4 personnes — mais c’est une fraction de ce que Google (centaines de milliards) ou même Bing (~15-20 milliards) proposent. Concrètement : les recherches courantes donnent des résultats corrects, mais les requêtes de niche, les termes très locaux ou les sujets peu documentés renvoient souvent des résultats insuffisants ou hors sujet. Le test MakeUseOf de janvier 2026 illustre bien le problème : chercher « bus times [nom d’arrêt] » sur Google renvoie les horaires en temps réel ; sur Mojeek, ça renvoie un site de gîte touristique.

Pas de fonctionnalités « modernes »

Pas de traductions instantanées, pas de comparateur shopping, pas de cartes interactives, pas de résultats enrichis en temps réel (météo, scores sportifs, horaires de transport), pas de suggestions prédictives, pas de complétion automatique. L’image search se limite à deux sources (Openverse et Pixabay), ce qui rend la recherche d’images niche pratiquement impossible. Ce sont des sacrifices directement liés à la taille de l’équipe et du budget.

L’absence de personnalisation : force et faiblesse

Mojeek ne personnalise rien. C’est sa force philosophique (neutralité informationnelle, pas de bulle de filtre) et sa faiblesse pratique. Sans personnalisation, le moteur ne peut pas deviner que « FPL » signifie « Fantasy Premier League » pour vous plutôt que « Florida Power & Light ». Vous devez formuler vos requêtes de manière plus précise qu’avec Google — ce qui est contre-intuitif pour la plupart des utilisateurs habitués à des moteurs qui les « connaissent ».

Un modèle économique fragile

~193 000 $ de revenus annuels, 4 employés, 3,9 M$ levés au total sur 20 ans — sans capital-risque. L’investisseur principal (Edward Iliffe) vient de la presse locale britannique, pas de la tech. Mojeek a explicitement refusé le capital-risque pour préserver son indépendance, mais cela limite drastiquement sa capacité de croissance. Le programme publicitaire est en phase fermée. L’API génère des revenus, mais à petite échelle. La survie de Mojeek dépend de la patience de ses investisseurs et de la croissance organique de son audience.

La question de la pérennité : Mojeek est une entreprise de 4 personnes avec un revenu annuel inférieur à 200 000 $, qui maintient un index de 8+ milliards de pages sur 200-300 serveurs bare-metal. C’est un exploit technique et un choix idéologique admirable. Mais la question est légitime : que se passe-t-il si l’investisseur principal se retire ? Si le développeur fondateur (Marc Smith, qui fait tourner l’infrastructure depuis 2004) n’est plus disponible ? L’entreprise n’a publié aucun plan de succession ni de stratégie de pérennité à long terme. Pour un moteur qui se veut l’alternative durable à Google, c’est une fragilité structurelle à ne pas ignorer.

Code propriétaire

Contrairement à SearXNG (code ouvert, auditable), le code de Mojeek est propriétaire. Vous devez faire confiance à l’entreprise sur ses promesses de non-pistage. Aucun audit indépendant du code ou de l’infrastructure n’a été rendu public. La politique de confidentialité est claire et détaillée, et Mojeek a 20 ans d’historique sans incident de données — mais la vérifiabilité technique n’est pas au niveau de SearXNG.

Ce que Mojeek fait bien (et moins bien)

Pour qui est fait Mojeek ?

Mojeek est particulièrement adapté si :

Vous voulez une indépendance totale de Big Tech — C’est le seul moteur privacy-first qui ne renvoie aucun résultat de Google, Bing ou quelque autre moteur tiers. Si vous utilisez DuckDuckGo, Startpage ou Ecosia, vous utilisez en réalité les résultats de Microsoft ou Google avec une couche de vie privée par-dessus. Mojeek est la seule option structurellement différente.

Vous êtes développeur et voulez un index indépendant via API — L’API Mojeek donne accès à des milliards de pages web avec des scores de pertinence, d’autorité et de sémantique. C’est une ressource unique pour construire des applications de recherche, des outils OSINT ou des pipelines RAG qui ne dépendent pas de Microsoft.

Vous êtes un défenseur du web ouvert — Mojeek respecte robots.txt, a proposé le standard NoML, renvoie du trafic vers les sites sources, et développe la publicité contextuelle sans pistage. C’est l’antithèse philosophique de Perplexity et de ses pratiques de scraping agressif.

Mojeek n’est pas le meilleur choix si :

  • Vous avez besoin de résultats complets et fiables sur tout type de requête (Mojeek sera insuffisant sur les niches)
  • Vous cherchez des fonctionnalités modernes (cartes, traductions, résultats enrichis, shopping)
  • Vous voulez une recherche d’images performante (deux sources seulement)
  • Vous préférez un code auditable (SearXNG est le choix pour ça)
  • Vous voulez une application mobile complète

Comment utiliser Mojeek


Étape 1 : Tester Mojeek — Rendez-vous sur mojeek.com et lancez quelques recherches. Notez que les résultats seront différents de ce que Google vous montre : c’est normal, c’est un index indépendant. Formulez vos requêtes avec des mots-clés précis plutôt que des questions longues (Mojeek est fondamentalement un moteur par mots-clés)

Étape 2 : Personnaliser vos préférences — Cliquez sur « Preferences » en haut. Choisissez votre langue et votre pays pour le boosting des résultats. Activez ou désactivez les résumés IA (Summary). Choisissez votre thème. Vous pouvez aussi masquer les Infobox (les encadrés Wikipedia) si vous ne les voulez pas

Étape 3 : Installer l’extension navigateur — Disponible pour Firefox et Chrome. Définit Mojeek comme moteur par défaut et page d’accueil. Même si vous changez de moteur par défaut, vous pouvez accéder à Mojeek via les raccourcis @mojeek ou @moj dans la barre d’adresse

Étape 4 : Essayer Mojeek Focus — Créez des ensembles de sites pour des recherches ciblées. Pratique pour la recherche technique (limiter aux sites de documentation), la veille sectorielle (uniquement les médias spécialisés) ou la recherche académique

Étape 5 : Utiliser en complément — Mojeek fonctionne mieux en complément qu’en remplacement total. Utilisez-le pour les recherches générales et la découverte de contenu diversifié, et gardez un autre moteur (DuckDuckGo, Brave Search) pour les requêtes de niche ou les fonctionnalités modernes

Étape 6 : Installer l’application Android — Disponible sur le Play Store. Interface minimaliste, recherche privée. Pas d’application iOS dédiée à ce jour

FAQ

Mojeek utilise-t-il les résultats de Google ou Bing ?

Non, jamais. Les résultats de Mojeek viennent exclusivement de son propre index, crawlé par MojeekBot et classé par son algorithme Gravity. C’est ce qui le distingue de tous les autres moteurs « privés » (DuckDuckGo utilise Bing, Startpage utilise Google, Ecosia utilise Bing + Google). Si vous voyez des résultats différents de Google sur la même requête, c’est précisément parce qu’ils sont indépendants.

Mojeek est-il gratuit ?

Oui, la recherche web est gratuite et le restera. Mojeek se finance par des publicités contextuelles sans pistage (programme fermé), des revenus d’API, et des investissements privés. Pas de version payante pour les utilisateurs.

Pourquoi les résultats de Mojeek sont-ils différents de ceux de Google ?

Parce qu’ils proviennent d’un index entièrement différent, classés par un algorithme différent, sans personnalisation. Google a des centaines de milliards de pages et 25+ ans d’optimisation. Mojeek a 8+ milliards de pages et un algorithme qui privilégie la neutralité informationnelle sur la personnalisation. Les résultats seront différents — c’est le but.

Mojeek collecte-t-il mes données ?

Non. Pas d’adresse IP, pas d’historique de recherche, pas de cookies de pistage, pas de comportement de clics, pas de profilage. La politique de non-pistage est en place depuis 2006 — avant même que le RGPD n’existe. Cependant, le code est propriétaire : vous devez faire confiance à l’entreprise sur cette promesse (pas d’audit indépendant public).

Qu’est-ce que l’algorithme Gravity ?

L’algorithme de classement propriétaire de Mojeek. Similaire à PageRank dans son principe (analyse des liens entrants comme signal d’autorité), mais sans utiliser de données de personnalisation ou de clics. Depuis 2024, il intègre aussi du matching sémantique en complément du matching par mots-clés.

Comment Mojeek gagne-t-il de l’argent ?

Par trois sources : des publicités contextuelles sans pistage (basées sur les mots-clés de la requête, pas sur le profil de l’utilisateur), des revenus d’API (accès payant à l’index pour les développeurs), et des investissements privés. L’investisseur principal est Edward Iliffe (Iliffe Media, presse locale britannique). Mojeek a refusé le capital-risque.

Mojeek a-t-il une IA intégrée ?

Oui, de manière optionnelle. Depuis avril 2024, Mojeek propose des résumés générés par Mixtral (Mistral AI, startup française) en utilisant le RAG (les résultats de recherche Mojeek alimentent le LLM). Les résumés incluent des citations avec liens vers les sources. Vous pouvez activer ou désactiver cette fonctionnalité à tout moment.

Mojeek peut-il remplacer Google au quotidien ?

Pour la majorité des utilisateurs, pas entièrement. Les résultats sont corrects pour les recherches courantes, mais insuffisants pour les requêtes de niche, les recherches locales, les images et les fonctionnalités enrichies. Mojeek fonctionne mieux en moteur complémentaire : utilisez-le pour découvrir du contenu diversifié et non filtré, et gardez un autre moteur pour les cas où Mojeek ne suffit pas.