Tu cherches un générateur de personnages gratuit pour Blender. Un tuto de 2019 te promet MB-Lab en dix minutes chrono. Sur GitHub, un bandeau t’accueille : dépôt archivé, en lecture seule.

Mauvais signe ? Pas forcément. On a installé sa dernière version dans trois Blender récents, jusqu’à la 5.2. Son moteur tient bon. Son panneau, lui, trébuche sur une icône disparue.

Voici ce qu’est MB-Lab, ce qui marche encore, le piège de sa licence et ce qui le remplace.

MB-Lab, c’est quoi ?

MB-Lab est un add-on Add-on Extension logicielle ajoutant des fonctionnalités à un logiciel 3D. Permet d'automatiser des tâches, ajouter des outils ou intégrer des services externes. Voir la définition complète → gratuit et open source pour Blender. Il génère des humains en 3D à coups de curseurs, sans rien modéliser. Tu choisis une base, tu règles l’âge, la masse et le tonus, puis les détails.

Sa bibliothèque compte dix-sept bases. Huit humains réalistes, sur quatre origines, au féminin comme au masculin. Six personnages anime, dont quatre façon shōjo. Et trois figures de fantasy : une elfe, un elfe et un nain.

À la finalisation, le personnage devient un modèle Blender ordinaire. Il garde son maillage Mesh Structure de base d'un objet 3D composée de vertices, edges et faces formant une surface polygonale. C'est la géométrie fondamentale de tout modèle 3D. Voir la définition complète → , son squelette Armature (Rig) Structure de squelette composée d'os (bones) utilisée pour animer des personnages, créatures ou objets articulés en 3D. Voir la définition complète → et ses formes d’expression, mais MB-Lab ne peut plus le retoucher.

MB-Lab 1.8.1 en bref
Version1.8.1, la dernière, du 8 juin 2024
Blender4.0 et plus, panneau à réparer en 5.2
Réglages249 en 30 catégories, sur une base féminine réaliste
Maillage18 210 sommets
Squelette71 os
Expressions82 formes, du sourcil à la langue
LicenceGPL 3 pour le code, AGPL 3 pour les personnages

L’outil s’appelait d’abord ManuelBastioniLAB, du nom de son auteur, et sort en 2016. Manuel Bastioni était déjà à l’origine de MakeHuman, l’autre grand générateur libre.

Pourquoi MB-Lab a-t-il été abandonné ?

Deux fois, en réalité. En novembre 2018, Manuel Bastioni jette l’éponge après une collecte de fonds ratée. Sa communauté ne suffisait pas à financer le projet. Son adieu tient en une phrase, relayée par BlenderNation. « J’ai fait de mon mieux, mais je ne peux pas continuer le développement du lab. »

Le mois suivant, des bénévoles reprennent le code sur GitHub, sous le nom de MB-Lab. Ils le portent sur Blender 2.80, puis lui ajoutent un rig facial en 2019. La version 1.8.0, sortie en mars 2024, exige Blender 4.0.

Puis l’élan retombe. La 1.8.1 du 8 juin 2024 se présente comme la toute dernière : le développement passe sur CharMorph. Le dépôt GitHub est archivé le 21 juillet 2024. Il reste téléchargeable, mais plus personne n’y corrige rien.

MB-Lab marche-t-il encore dans Blender 4.5 et 5.2 ?

Oui, avec une grosse réserve pour la 5.2. On a installé le zip de la 1.8.1 dans trois versions LTS de Blender : 4.2, 4.5 et 5.2. Puis on a enchaîné sept étapes, de l’installation au rendu Cycles, en passant par la finalisation et l’export FBX FBX Format de fichier 3D propriétaire d'Autodesk, standard de l'industrie pour échanger modèles, animations et rigs entre logiciels comme Blender, Maya, Unreal et Unity. Voir la définition complète → .

Les trois versions passent les sept étapes. Le moteur de MB-Lab a donc survécu à plus de deux ans sans mise à jour. Dans la 5.2 pourtant, le panneau de l’extension casse dès sa deuxième ligne.

En cause : une icône, RNA_ADD, que Blender 5.2 ne connaît plus. MB-Lab l’affiche dès le titre de sa zone de création. L’appel échoue, et le panneau s’arrête là. Plus de liste de personnages, plus de bouton « Create character ». La même icône revient plus bas, dans la bibliothèque de personnages, où elle couperait la suite du panneau.

Tableau du test de MB-Lab 1.8.1 et CharMorph 0.4.0 dans Blender 4.2, 4.5 et 5.2 : tout passe, sauf le panneau de MB-Lab dans Blender 5.2
Le moteur de MB-Lab passe partout. Seul son panneau lâche dans Blender 5.2.

Pour l’installer, récupère le zip de la 1.8.1 dans les Releases du dépôt, une centaine de mégaoctets. Dans Edit > Preferences, section Add-ons, le menu déroulant en haut à droite propose Install from Disk. Blender reconnaît une extension à l’ancienne et l’installe comme telle.

Réparer le panneau de MB-Lab dans Blender 5.2

La réparation tient en deux lignes, et elle ne demande aucune notion de Python.

[IMAGE 3 : capture du panneau MB-Lab dans Blender 5.2, onglet MB-Lab de la barre latérale (touche N), avant réparation] alt : Panneau MB-Lab dans Blender 5.2, réduit à son titre, sans liste de personnages ni bouton de création Légende : Dans Blender 5.2, le panneau de MB-Lab s’arrête juste après son titre.

Garde une copie du fichier. Tu retouches l’extension installée, sans filet. Une réinstallation, ou une mise à jour par son module intégré, écrase la correction sans prévenir. Copie __init__.py avant de l’ouvrir, et refais la manipulation après chaque réinstallation.


Repérer le fichier

Dans Edit > Preferences, section Add-ons, déplie la fiche de MB-Lab. La ligne File donne le chemin de son fichier __init__.py. Note-le, puis ferme Blender.


Remplacer l'icône

Ouvre ce fichier dans un éditeur de texte. Remplace les deux occurrences de RNA_ADD, lignes 2608 et 2869 de la 1.8.1, par ADD, une icône qui existe toujours. Enregistre.


Relancer Blender

Rouvre Blender et appuie sur N dans la vue 3D. L’onglet MB-Lab retrouve sa liste de personnages et son bouton de création.


Deux pièges plus discrets complètent le tableau. D’abord, deux textures d’iris pointent vers un ancien emplacement de l’extension, et les yeux sortent faux au rendu. Le menu File > External Data > Find Missing Files, pointé sur le dossier data/textures de MB-Lab, les retrouve.

Ensuite, dans Blender 4.2 et 4.5, garde l’option Cycles cochée au moment de créer ton personnage. Avec EEVEE, la création plante : MB-Lab réclame un moteur nommé BLENDER_EEVEE, que ces versions identifient comme BLENDER_EEVEE_NEXT. Ironie du sort, la 5.2 accepte ce nom, mais plus l’icône.

Peut-on vendre un personnage MB-Lab ?

Ses rendus, oui. Son maillage, c’est une autre affaire. MB-Lab est un logiciel libre, et c’est justement pour ça que l’obligation suit ton personnage.

Le code de MB-Lab est sous licence GPL 3. Sa base de données, maillages et textures compris, est sous AGPL 3. Chaque personnage créé en hérite : s’il circule, c’est sous la même licence.

Le menu de l’outil le rappelle à chaque choix : toutes les bases portent la mention « (AGPL3) ». Sa documentation prévient elle-même que cette licence peut faire obstacle à un jeu ou à un modèle 3D fermé.

Les rendus échappent à cette contagion. La même documentation tient les images et les vidéos pour des créations à part, propriété de leur auteur. À la lire, illustrer, animer ou vendre des rendus ne pose donc pas de problème. Livrer le maillage dans un jeu fermé, ou le vendre sous licence propriétaire, c’est une autre histoire. Pour un projet commercial, fais relire la licence par un juriste.

Par quoi remplacer MB-Lab ?

Son héritier désigné s’appelle CharMorph. C’est une réécriture complète, sans une ligne du code de MB-Lab, mais avec ses maillages de base et ses morphes. Son auteur, Michael Vigovsky, y ajoute Rigify avec un rig facial complet et l’ajustement des vêtements en temps réel.

Sa version 0.4.0, sortie en mars 2025, télécharge les personnages depuis l’extension. Surtout, elle propose des bases sous licence ouverte : Vitruvian en CC0, Antonia et Reom en CC-BY. Les bases MB-Lab, elles, restent en AGPL.

Dans notre test, CharMorph passe les sept étapes dans les trois versions de Blender. Pour son rig par défaut, active d’abord Rigify, livré avec Blender. Seule ombre au tableau : aucune nouvelle version depuis mars 2025.

MPFB 2 joue une autre partition. C’est l’extension officielle de MakeHuman, publiée sur la plateforme d’extensions de Blender. Sa version 2.0.18 date du 10 octobre 2026 et demande Blender 4.2 ou plus. Ses éléments de base sont en CC0. Selon la FAQ de MakeHuman, ses personnages peuvent donc partir dans un jeu fermé.

Pour un rendu plus léché sans rien bricoler, il reste l’option payante Human Generator.

OutilDernière versionBlenderLicence des personnagesSquelette
MB-Lab1.8.1, juin 2024, archivé4.0 et plus, panneau à réparer en 5.2AGPL 3Maison, 71 os
CharMorph0.4.0, mars 2025Annoncé dès 4.4, testé de 4.2 à 5.2CC0, CC-BY ou AGPL selon la baseRigify, visage compris
MPFB 22.0.18, octobre 20264.2 et plusCC0 pour les éléments de basePlusieurs rigs, dont Rigify

Alors, faut-il encore installer MB-Lab ?

Pour des rendus, des illustrations ou un court métrage, oui. Le moteur tient, les dix-sept bases vont du réaliste à l’anime, et la réparation de la 5.2 prend deux minutes. Pour un jeu commercial fermé, passe ton chemin : l’AGPL te suivrait jusque dans le jeu. MPFB 2, ou CharMorph avec Vitruvian, font alors mieux l’affaire.

Tu veux mesurer ce que ces générateurs t’épargnent ? Offre-toi un détour par la création d’un personnage 3D de A à Z. Le rigging prend une autre saveur quand on l’a fait une fois à la main.