Une imprimante laser d’entrée de gamme coûte 148,27 euros. Son toner de rechange grande capacité coûte 121,42 euros.
Un seul consommable, et vous avez déjà repayé 82 pour cent du prix de la machine. Retenez ce rapport avant d’entrer dans un magasin. Sur une imprimante, le prix affiché ne dit rien du prix réel.
Le reste de ce guide calcule ce prix réel. Quatre modèles se partagent le marché : trois technologies, et une formule qui n’en est pas une.
Prix constatés le 26 septembre 2026, sur les boutiques en ligne des constructeurs. Attention, les tarifs Epson cités ici sont des prix promotionnels de rentrée, valables jusqu’au 30 septembre 2026 à minuit. Les prix hors promotion sont donnés plus loin pour les modèles concernés.
Le vrai prix se lit à la page, pas sur l’étiquette
Une imprimante ne se compare pas au prix d’achat. Elle se compare au coût de la page imprimée, consommables inclus.
Le calcul est simple et il ne demande aucun outil. Prenez le prix du consommable, divisez par le nombre de pages qu’il annonce. Ajoutez le tambour quand il y en a un, amorti sur sa propre durée de vie.
Je prends la Brother HL-L2400DWE comme référence, parce que ses tarifs sont publics. Ça donne ceci.
Cinq centimes la page, tout acheté au prix constructeur. Gardez ce chiffre, c’est l’étalon de tout ce qui suit.
Les cartouches vous font payer l’imprimante deux fois ( au mieux)
C’est le modèle le plus ancien et le plus vendu. [Une Epson Expression XP-3200 est à 69,99 euros](https://www.epson.fr/fr_FR/produits/imprimantes/inkjet/grand-public/c/consumer), une XP-6100 à 109,99, une XP-7100 à 159,99.
Trois avantages réels. Le ticket d’entrée est le plus bas du marché. Ces machines acceptent beaucoup de types de papier. Et elles sortent des photos correctes.
Le problème n’est pas le prix des cartouches, il est dans leur logique. Une buse de jet d’encre doit rester humide pour fonctionner. La machine lance donc des cycles de nettoyage, qui consomment de l’encre sans imprimer une ligne.
Cette encre est facturée au même prix que l’autre. Moins vous imprimez, plus votre page coûte cher. C’est le seul appareil du salon qui vous punit de ne pas vous en servir.
Avant d’acheter un modèle à cartouches, cherchez le prix du jeu complet de cartouches d’origine. Posez-le à côté du prix de la machine. Sur les premiers prix, le rapprochement est instructif. C’est le calcul que le constructeur préfère vous voir faire après l’achat.
- Le ticket d’entrée le plus bas, de 70 à 160 euros
- Photos correctes et grande tolérance sur les papiers
- Encombrement réduit
- Coût à la page le plus élevé des quatre modèles
- L’encre part en nettoyage de buses même sans impression
- C’est la catégorie où le blocage de cartouches fait le plus de dégâts
La laser est chère à l’entrée et honnête à l’usage
Comptez 148 euros pour une monochrome d’entrée de gamme, davantage dès que vous voulez la couleur ou le multifonction.
En échange, un toner tient 1 200 à 3 000 pages selon la capacité, et il ne sèche pas. Une laser qui n’a pas servi depuis six mois imprime au premier essai. Aucun jet d’encre n’offre cette tranquillité. À cinq centimes la page, elle devient moins chère qu’une cartouche dès quelques centaines de pages.
Deux limites à connaître. Les photos sortent médiocres, parce que le toner dépose de la poudre et non du liquide. Et les modèles couleur restent nettement plus chers, à l’achat comme au consommable.
Il y a aussi des pièces d’usure en plus du toner. Le tambour, et sur les modèles supérieurs le kit de fusion.
Celui qui imprime surtout du texte : factures, devoirs, billets. Et qui veut une machine encore vivante dans cinq ans.
Le réservoir : trois ans d’encre dans le carton
C’est le changement le plus net de ces dernières années. Au lieu de cartouches, des réservoirs qu’on remplit avec des flacons.
Chez Epson, [la gamme EcoTank démarre à 149,99 euros](https://www.epson.fr/fr_FR/produits/imprimantes/inkjet/grand-public/c/consumer) pour l’ET-1910, qui imprime seulement. Le multifonction ET-2916 est à 179,99 euros, l’ET-2927 à 199,99 avec 20 euros remboursés.
Au-dessus, l’ET-2950 est à 259,99 euros avec 40 euros remboursés, l’ET-3950 à 399,99 avec 60 euros remboursés.
Le point qui change tout : ces modèles sont livrés avec **jusqu’à trois ans d’encre**. Epson annonce même une réduction des coûts d’encre de 95 pour cent. Ce sont ses chiffres et son astérisque.
Une précision qui compte : tous ces tarifs sont promotionnels. Hors promotion, l’ET-1910 remonte à 209,99 euros, donc au-dessus de la laser. Le classement des quatre modèles dépend de la semaine où vous achetez.

L’abonnement : la note de bas de page avant le prix
Ce modèle n’est pas une technologie, c’est un contrat. HP propose Instant Ink, Epson propose ReadyPrint, Brother propose EcoPro.
Les trois promettent de ne jamais tomber en panne d’encre. HP et Epson affichent même la même promesse : économisez jusqu’à 70 pour cent.
La grille de HP est la plus détaillée, avec cinq paliers. C’est celle qui montre le mieux comment ces forfaits se paient.
*alt : Grille des cinq forfaits HP Instant Ink avec leur prix mensuel et leur quota de pages*
*Légende : De 1,79 à 31,99 euros par mois. Ramené à la page, de 17,9 à 4,6 centimes.*
Le forfait le moins cher est le plus mauvais marché à la page. Dix-sept centimes et demi, contre cinq pour la laser.
Encore faut-il imprimer les dix pages. Si vous en imprimez trois, vous venez de les payer soixante centimes chacune.
Passons à la note de bas de page. Les 70 pour cent d’économie annoncés par HP sont calculés sur le forfait à 700 pages. Donc sur celui à 31,99 euros par mois, dans une étude que HP a commandée. La promesse qui vous attire porte sur le forfait le plus cher de la grille.
Trois conditions figurent dans les mentions légales de HP, et elles décident du fonctionnement de votre machine. La livraison automatique suppose une connexion Internet permanente avec une imprimante éligible. Elle suppose aussi un moyen de paiement en cours de validité. Et si vous résiliez, les cartouches du forfait cessent de fonctionner à la fin du cycle de facturation. Il faut repasser à des cartouches HP standard. Un abonnement à l’encre n’est pas un contrat d’approvisionnement, c’est une condition de marche.
Epson va un cran plus loin avec ReadyPrint MAX. La formule fournit une imprimante EcoTank et l’encre à partir de 6,99 euros par mois, sans frais initiaux.
À ce tarif, le vingt-deuxième versement dépasse le prix promotionnel d’une ET-1910. Le trente et unième dépasse son prix normal. Et vous continuerez de payer ensuite, sur une machine qui ne sera jamais à vous.
Il faut pourtant se garder d’un verdict trop large, parce que toutes les grilles ne se valent pas. Chez Brother, le premier palier EcoPro en laser monochrome est à 1,99 euro par mois pour cinquante pages. Soit environ quatre centimes la page, sous l’étalon de cinq centimes calculé plus haut.
Autrement dit, un abonnement au toner peut sortir moins cher que le toner acheté au détail. Ce sont les petits forfaits d’encre qui sont ruineux, et la location de machine qui est un piège. Pas l’idée d’abonnement en elle-même.
D’ailleurs, la Brother que j’ai prise comme référence est vendue sous la référence HL-L2400DW**E**. Ce E signale la version livrée avec quatre mois d’essai EcoPro et jusqu’à 300 pages bonus. Même la laser la plus sobre du marché arrive aujourd’hui avec un abonnement dans le carton.
Comptez vos pages avant de signer, c’est la seule règle qui tienne. Un forfait au toner peut être intéressant si vous atteignez son quota. Un petit forfait d’encre à dix pages ne l’est jamais. Et une formule qui inclut la machine vous fait payer un matériel qui ne sera jamais à vous.
Ce qui tombe en panne, ce n’est presque jamais l’imprimante
Le 2 juillet 2026, un premier procès s’est ouvert à Nanterre contre Epson. Les chefs retenus : obsolescence programmée et pratiques commerciales trompeuses.
C’était une audience de fixation. Elle a fixé la date des plaidoiries au 25 février 2027. Étaient présents l’association Halte à l’obsolescence programmée, la DGCCRF qui a mené l’enquête, et les avocats d’Epson.
Deux techniques sont visées. Des cartouches déclarées vides alors qu’elles contiennent encore de l’encre. Et une fin de vie prématurée du tampon absorbeur, la pièce qui recueille l’encre des nettoyages.
Selon HOP, ces signaux bloquaient de fait l’impression ou le scanner. Le parquet a retenu des techniques réduisant délibérément la durée de vie du produit. Objectif supposé : augmenter son taux de remplacement.
La plainte date de septembre 2017. L’enquête de la DGCCRF a duré plus de huit ans. C’est la première action judiciaire en France sur ce fondement, le délit d’obsolescence programmée existant depuis 2015.
Epson n’est pas condamnée à ce jour, et se défend sur le terrain technique. En 2018, son directeur marketing France s’en expliquait au Monde. L’encre résiduelle maintiendrait la tête d’impression dans du liquide, faute de quoi l’air l’abîme. La remplacer coûterait alors plus cher qu’une imprimante d’entrée de gamme.
Le constructeur avance un argument voisin sur le tampon absorbeur. Dans sa documentation, le message d’erreur anticiperait une fuite d’encre hors de la machine.
Fin 2024, HOP a aussi porté plainte contre HP, pour des stratégies logicielles qui rendraient les clients captifs. Cette enquête est en cours.
Quelle que soit l’issue, la leçon d’achat est déjà là. Sur un jet d’encre, la durée de vie ne dépend ni du moteur ni de la mécanique. Elle dépend d’un compteur.

Le multifonction, et ce qu’il faut arrêter de regarder
Un multifonction imprime, numérise et copie. Beaucoup de modèles envoient encore des télécopies, et cette ligne ne devrait plus peser dans votre choix. Si vous ne savez pas à qui vous enverriez un fax, vous n’en avez pas besoin.
Ce qui compte vraiment sur la partie scanner tient en trois questions. Le chargeur automatique de documents existe-t-il, et traite-t-il le recto verso tout seul. Le logiciel sait-il produire un PDF avec reconnaissance de texte, sans passer par un service en ligne. Et l’appareil sait-il numériser vers votre téléphone sans installer un compte constructeur.
Pour le reste, l’impression mobile est devenue standard. Le recto verso automatique aussi, sur la plupart des gammes. Ce ne sont plus des arguments, ce sont des cases cochées partout.
Cinq minutes pour ne pas se tromper
Avant de choisir, quatre vérifications qui ne demandent qu’un navigateur.
Comptez vos pages. Regardez ce que vous avez imprimé le mois dernier, pas ce que vous imaginez imprimer. C’est ce chiffre qui décide de tout le reste, et il est presque toujours plus bas qu’on ne croit.
Cherchez le prix du consommable avant celui de la machine. Tapez la référence du toner ou du jeu de cartouches. Divisez par le nombre de pages annoncé. Vous avez votre coût à la page en trente secondes.
Vérifiez si le modèle est vendu avec un abonnement. Les fiches produit affichent « éligible » ou « compatible » avec le service maison. Ce n’est pas une obligation. C’est le signe que le constructeur a bâti son prix sur l’abonnement.
Regardez si des cartouches compatibles existent pour la référence. Si vous n’en trouvez aucune, vous saurez pourquoi plus tard.
Une fois la machine chez vous, gardez l’emballage des consommables d’origine, référence lisible. C’est ce numéro qui vous évitera de racheter une machine entière, pas le nom du modèle.
Reste à savoir où l’acheter. Et si votre projet est la fabrication plutôt que le document, c’est une imprimante 3D qu’il vous faut. Le raisonnement sur les consommables y est tout aussi décisif.
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