MYM est un réseau social privé lancé en 2019 par Gaspard Hafner et Pierre Garonnaire. La société qui l’édite, AIR MEDIAS, est elle immatriculée depuis 2015. C’est une plateforme d’abonnement destinée aux créateurs, artistes, influenceurs et personnalités, et à leur communauté.
Le principe tient en une phrase : un créateur publie, ses abonnés payent pour voir. Et c’est là que la question du gratuit se pose. Les deux mots « compte » et « gratuit » ne recouvrent pas la même chose.
Ce qu’un compte MYM gratuit donne, et ce qu’il ne donne pas
Créer un compte MYM est gratuit, côté fan comme côté créateur. L’inscription ne coûte rien, et vous n’avez aucune carte à enregistrer pour ouvrir un compte.
Ce que ce compte gratuit vous ouvre :
- La consultation des publications publiques des créateurs, celles qu’ils laissent visibles hors abonnement.
- Le statut de « fan intéressé », obtenu en mettant un profil en favori. Il donne droit à des offres périodiques de la part du créateur.
- Après l’expiration d’un abonnement, la réception d’offres ou de cadeaux du créateur, environ tous les sept jours.
Ce qu’il ne vous ouvre pas :
- L’abonnement lui-même, qui est le cœur payant de la plateforme.
- Les médias privés et les contenus à la demande, facturés en plus de l’abonnement.
- Les shows privés.
Un point mérite d’être dit clairement, parce qu’il traîne beaucoup d’approximations sur le sujet : MYM ne propose aucune période d’essai gratuite. Le seul mécanisme officiel est le bon de réduction, qu’un créateur peut émettre de 1 à 100 %. Et même avec une réduction de 100 %, une opération de paiement reste nécessaire.
Sur les tarifs, oubliez les chiffres qui circulent. Il n’y a pas de prix unique. Chaque créateur fixe le sien, dans une fourchette officielle de 4,99 € à 99,99 €. Deux formules existent, l’abonnement mensuel à durée indéterminée et l’offre de plusieurs mois payée en une fois. Les deux se reconduisent automatiquement.
Créer un compte MYM
Côté fan

L’inscription demande une adresse e-mail, un pseudo, une date de naissance et un mot de passe. Vous pouvez aussi passer par un compte Facebook ou Google.
L’âge minimum est de 18 ans, pour tous les types de comptes. Une inscription de mineur entraîne une fermeture définitive.
Aucune pièce d’identité n’est demandée à un fan à l’inscription. La vérification d’âge intervient plus tard, à l’accès aux contenus réservés aux adultes : MYM utilise depuis janvier 2022 un dispositif de reconnaissance faciale fourni par le prestataire Yoti.
Pour s’abonner, on passe par le profil du créateur et le bouton d’abonnement. Les moyens de paiement acceptés sont la carte bancaire, les cryptomonnaies, et PayPal chez certains créateurs seulement.
Deux détails pratiques que personne n’écrit. Le libellé qui apparaît sur votre relevé bancaire est AIR MEDIAS, pas MYM. Et le créateur ne voit jamais vos coordonnées de paiement : il ne connaît que votre pseudo.
Côté créateur, la certification est obligatoire
C’est l’étape que la plupart des articles passent sous silence, alors qu’elle conditionne tout. Sans certification, votre profil n’est pas réellement visible et aucun paiement n’est possible.
Ouvrir le compte
Adresse e-mail et mot de passe, puis acceptation des conditions générales.
Remplir le profil
Prénom, nom, date de naissance, pseudo, photo, biographie, ville, catégorie de créateur, réseaux sociaux et trois hashtags. C’est aussi à ce moment que vous fixez votre tarif d’abonnement.
Publier quelques contenus
La documentation officielle demande trois publications sur une page, cinq sur une autre. Comptez cinq pour être tranquille.
Envoyer vos pièces
Carte nationale d’identité ou passeport en cours de validité, exclusivement. La carte Vitale, le permis de conduire et le titre de séjour sont refusés. Il faut y joindre un selfie tenant le document en main, visage entier, sans accessoire ni filtre.
Confirmer le reste
Numéro de mobile validé par SMS, et coordonnées bancaires à votre nom. Les données doivent correspondre exactement au document d’identité.
Les refus les plus fréquents viennent d’une incohérence entre le document et les photos du profil. Viennent ensuite les données qui ne concordent pas, la qualité d’image insuffisante et le second compte. Le délai de traitement n’est pas annoncé.
Pour retirer vos gains, il faut un compte certifié et une méthode de paiement enregistrée. Le minimum est de 50 € de gains validés, ou 100 € pour un compte bancaire hors zone SEPA. Les versements partent les lundis et jeudis, ainsi que le 1er et le 15 du mois.
Si vous ouvrez un compte, ce lien mène directement à l’inscription créateur.
Combien ça rapporte, et ce que MYM prélève
La rémunération dépend du nombre d’abonnés et de la vente de contenus privés, donc elle varie énormément. Le seul repère solide vient du débat parlementaire du 10 février 2026. Un revenu médian de 1 200 € y a été avancé pour les créateurs de la plateforme. Médian veut dire que la moitié gagne moins.
Ce que MYM retient sur chaque euro encaissé est en revanche public.
| Type de revenu | Part reversée au créateur | Commission MYM |
|---|---|---|
| Abonnements | 75 % | 25 % |
| Médias privés | 80 % | 20 % |
| Shows privés | 80 % | 20 % |
| Pourboires | 80 % | 20 % |
À cela s’ajoutent 7 % de frais bancaires TTC, prélevés en amont sur le montant de la transaction. Le statut SuperStar ajoute un point sur les abonnements et les médias privés.
Concrètement, sur une vente de 100 € en France, l’exemple officiel de MYM aboutit à environ 73 € pour le créateur. La plateforme communique par ailleurs sur « 80 % en moyenne » reversés, ce qui est un arrondi favorable.
Et si vous passez par un manager ou un agent, sa commission s’applique sur ce qui reste.
Se désabonner, et le piège de la rétractation

Le parcours est simple : Mon compte, puis Mes abonnements, on sélectionne le créateur et on annule.
Deux règles à connaître avant de cliquer.
L’abonnement reste actif jusqu’au terme de la période déjà payée. MYM recommande de désactiver le renouvellement au moins 24 heures avant la date anniversaire. Passé ce délai, il s’applique.
Surtout, les conditions de vente écartent expressément le droit de rétractation. En souscrivant, vous reconnaissez vouloir un accès immédiat au contenu numérique. Le délai de quatorze jours d’un achat en ligne ordinaire ne s’applique donc pas. Un abonnement de plusieurs mois résilié n’est pas remboursé.
Le remboursement n’est prévu que dans deux cas. Un média commandé et non livré sous 72 heures, ou un contenu non conforme signalé sous quatorze jours. Les contenus privés déjà achetés, eux, restent accessibles après la résiliation.
Comment MYM protège les médias des créateurs
La plateforme interdit le partage des contenus hors de son périmètre et met en avant plusieurs mesures techniques :
- Clic droit désactivé sur ordinateur.
- Aucune correspondance d’URL entre la version floutée et la version complète.
- Glisser-déposer bloqué.
- Enregistrement désactivé sur les lecteurs de streaming.
- Clic prolongé neutralisé sur mobile.
- Filigranes disponibles sur le fil et les contenus privés.
MYM ajoute désormais une précision qui n’existait pas il y a quelques années. Le risque zéro n’existe pas. La plateforme reconnaît ne pouvoir empêcher ni une capture d’écran sur mobile, ni une photographie de l’écran. Quand une fuite survient, son équipe juridique intervient auprès des plateformes tierces pour obtenir le retrait ou le blocage. Elle s’appuie sur les articles 226-1 et 226-2 du code pénal.
C’est une protection contractuelle et procédurale plus que technique. Autant le savoir avant de publier.
Ce qui a changé autour de MYM
La plateforme revendique aujourd’hui 220 000 créateurs certifiés et 19 millions d’utilisateurs. La presse en relevait 167 000 fin 2025, et le Sénat parle de 500 000 comptes créateurs ouverts. Aucun de ces chiffres n’est audité, et ils ne comptent pas la même chose. Retenez l’ordre de grandeur, pas le chiffre.
Trois évolutions comptent davantage pour qui envisage d’ouvrir un compte.
Le cadre réglementaire s’est durci. La loi SREN de mai 2024 et le référentiel technique de l’Arcom d’octobre 2024 imposent une vérification d’âge aux services diffusant des contenus pour adultes en France. MYM avait pris les devants avec Yoti dès 2022. Au titre du règlement européen sur les services numériques, elle se déclare sous le seuil des 45 millions d’utilisateurs actifs dans l’Union. Ça la place hors de la catégorie des très grandes plateformes.
Le Sénat a voté un texte qui la nomme. Le 10 février 2026, par 258 voix contre 65, les sénateurs ont adopté une proposition de loi visant l’exploitation sexuelle en ligne. Le texte désigne explicitement MYM et OnlyFans. Il crée un délit puni de sept ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende, avec des circonstances aggravantes lourdes. Le texte a été transmis à l’Assemblée nationale et n’est pas promulgué à ce jour.
Les données ont fuité. En juillet 2021, une base d’environ deux millions de comptes a été mise en vente, incluant des données de paiement. Pierre Garonnaire avait confirmé l’incident, annoncé une notification à la CNIL et un dépôt de plainte. Si vous aviez un compte à cette période, vérifiez que vous n’avez pas réutilisé ailleurs le mot de passe de l’époque.
Dernier réflexe, valable bien au-delà de MYM. Sur une plateforme où n’importe qui peut ouvrir un profil, savoir reconnaître un faux profil évite de perdre du temps et de l’argent.
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