Les artistes et les réseaux : un couple qui est fait pour durer

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L’appropriation des médias sociaux comme outils d’autopromotion pour les artistes

Vous pourriez penser que Cardi B, Booba, ou encore Jeremy Ferrari n’ont rien en commun ? Bon, en fait si… Ils sont tous artistes. Mais hormis le fait d’interpréter les choses de la vie à travers le filtre de leurs âmes (eh oui, c’est très beau…), ils ont su faire des médias sociaux un allié de poids dans la promotion de leurs œuvres artistiques. D’ailleurs, il existe une multitude de réseaux sociaux. Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat… Et chacun d’eux est quasiment devenu un mode de communication. Mais aujourd’hui, sont-ils vraiment un tremplin indispensable pour un artiste débutant ou confirmé ?

Bien évidemment, et sans grand suspense, la réponse est oui. Contrairement aux médias mainstream, les médias sociaux sont le propre de l’artiste. Il va pouvoir y communiquer, cibler et toucher son public. On y reviendra. La télévision est un peu malmenée par ces nouveaux supports qui permettent au public de sélectionner et de se réapproprier l’info. Sur les 7,6 milliards d’habitants mondiaux, 4,1 milliards sont internautes (54%) et 3,3 milliards sont actifs sur les réseaux sociaux (43% de la population mondiale). (Source : le BDM chiffres réseaux sociaux 2018).

Comment les artistes communiquent-ils sur leurs médias sociaux ? Quelques exemples :

1. Cardi B : Avant Atlantic Records, elle publiait des vidéos Vine et Instagram

Cardi B, c’est l’exemple typique de l’ascension à partir des médias sociaux. Que vous la suiviez ou non, vous avez sûrement entendu parler d’elle, écouté l’une de ses chansons ou aperçu l’une de ses interventions. Vous l’avez peut-être aussi vue en couverture de Rolling Stone avec son rappeur de petit ami. Son authenticité, ses courbes et son discours brut ont fait d’elle une star des médias sociaux, d’abord sur Vine puis sur Instagram. Et lorsqu’entre 2015 et 2017 elle participe à la télé-réalité Love & Hip-Hop New York de VH1, sa renommée acquise via Internet transcende le petit écran. Sa recette : se montrer telle qu’elle est. Une femme ordinaire qui lutte pour payer ses factures et se frayer un chemin pour réussir. Elle permet à ses followers de la suivre dans cette quête quotidienne. Avec charisme et magnétisme, bien entendu. Forte de sa popularité et de sa surexposition médiatique, elle sort deux mixtapes à la même période que Love & Hip-Hop New York. Elle finit par signer chez Atlantic Records en 2017. Son titre Bodak Yellow la place n°1 des charts américains. Depuis, elle poste beaucoup moins de vidéos « coup de gueule » mais reste très présente.

2.Booba : Le roi de la communication et des clashs maîtrisés

Le rappeur Booba a déjà une carrière considérable derrière lui. Il pourrait se la couler douce. Avec 9 albums studio ainsi que des titres considérés comme des classiques (Le crime paie avec Ali, Destinée ou encore 10). Bien sûr, nous ne sommes pas ici pour discuter de la discographie de Booba mais bien pour analyser sa communication sur les médias sociaux. Il est installé dans le paysage artistique et médiatique depuis plus d’une décennie. Le Duc a réussi à percer presque sans l’appui des radios et plus particulièrement de Skyrock, pourtant connue pour être l’ambassadrice du rap. Dans le contexte de l’époque, la radio jugeait que certains des propos tenus par l’artiste étaient trop durs et trop crus. Avant d’être actif sur ses médias sociaux et malgré quelques passages clés en radio, Booba s’est presque construit en opposition au système mainstream. Il s’est fait tout seul, comme on dit. B2O dispose d’ailleurs de ses propres médias : OKLM Radio et OKLM TV. Sur les réseaux sociaux, il est le roi de la provocation et des clashs maîtrisés. Toutes les personnes du show-biz qu’il a dans le collimateur peuvent y passer (Kaaris, La Fouine, Karine Le Marchand…). De temps à autre, il distille des photos de ses deux enfants. Surtout, il ne rate aucune occasion de faire rire ses « ratpis » dans ses vidéos, dans ses clashs ou en suivant les tendances du Web.

https://www.instagram.com/p/BzeJCwagd01/?utm_source=ig_embed

3. Jeremy Ferrari : Le buzz avec Valls et le bouche-à-oreille des médias sociaux

On quitte le registre musical pour celui de l’humour. On peut considérer Jeremy Ferrary comme un poids lourd de l’humour en France. Coproducteur, avec l’humoriste Mamane, du spectacle Sans visa, il sera de retour avec son nouveau spectacle Anesthésie générale en janvier 2020. Révélé dans l’émission On n’demande qu’à en rire de Laurent Ruquier, c’est pourtant sur le plateau d’On n’est pas couché, lors d’un échange avec Manuel Valls alors ministre de l’Intérieur, qu’il fait le buzz. Bien sûr, cet exemple diffère quelque peu des deux précédents puisqu’il s’agit d’un média classique. Mais les effets furent les mêmes. L’échange entre les deux protagonistes fut revisionné sur la chaîne YouTube de l’émission. L’effet bouche-à-oreille opéra avec de nombreux partages et commentaires sur diverses plateformes comme Twitter. Suite à ce coup médiatique, l’artiste gagne en popularité. Il déclare d’ailleurs au Parisien : « Avant l’émission, on avait vendu 80% des places à Paris. Après, le Trianon affichait complet et on a ajouté 2 dates à l’Olympia ».

Autre exemple. En pleine préparation de son nouveau spectacle Anesthésie générale, il lance la vidéo « Balance ton doss ». Dans celle-ci, il invite les personnes qui le souhaitent à lui confier des documents importants sur le monde de la santé pour dénoncer de nouveaux scandales sur scène. En s’appuyant sur des preuves réelles et tangibles, il dénonce certains faits en rapport avec le thème de son spectacle, tout en restant cohérent dans sa démarche artistique. Cette vidéo lui permet, par la même occasion, de prendre la température par rapport à sa démarche.

4. DJ Arafat et « les Chinois »

En Afrique, où l’industrie de la musique est relativement jeune, et la musique presque exclusivement piratée, les médias sociaux révolutionnent la façon dont les artistes atteignent leur public et vendent leur musique.

Nous pouvons citer l’exemple de l’artiste DJ Arafat décédé récemment suite à un accident de moto. Il avait réussi à transformer un style musical que beaucoup croyaient éphémère, le coupé décalé, en véritable modèle musical. Celui qu’on appelait aussi Yôrôbô avait très peu de sponsors et s’appuyait sur sa communauté de fans très active sur Facebook (« les Chinois ») en postant régulièrement sur le réseau social. Il disait que ses affinités musicales avec l’artiste Gims lui avaient ouvert les portes de la maison de disque Universal. Certains artistes français avouent s’être inspirés de lui. C’est le cas de MHD. Preuve qu’en dépassant les frontières établies par les médias mainstream, les médias sociaux modèlent un nouvel univers artistique.

Les médias sociaux sont un vrai cadeau pour les artistes africains. Ils leur permettent d’avoir plus de visibilité à l’international et de pouvoir échanger en direct avec le reste du monde. Cela a pour effet de créer des partenariats inédits entre ces artistes et leurs homologues occidentaux. Tout cela nourrit la créativité et fait découvrir de nouveaux concepts et talents. Surtout, ces échanges artistiques contribuent à faire tomber les barrières et les stéréotypes véhiculés sur l’Afrique. Ils donnent à entendre le point de vue des locaux qui se rapproche davantage des réalités du continent.

Bien que les audiences en ligne reflètent toujours les rapports hiérarchiques du monde traditionnel, Internet et plus particulièrement les médias sociaux permettent aux artistes de bénéficier d’un nouveau type de bouche-à-oreille. Ils ont ainsi accès à une promotion décentralisée beaucoup plus puissante que la promotion traditionnelle, pouvant même se substituer à elle. Le groupe PNL en est un bon exemple. Les médias sociaux sont donc un allié qui offre plus de liberté aux artistes que les canaux traditionnels de promotion. A condition que ces derniers maîtrisent les pratiques de promotion en ligne, cela va de soi.

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