Dragon Ball GT, le début du multivers ? Retour sur un flop

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Lorsque les aventures des Z Warriors s’achèvent à la fin de l’arc Boo, la Toei Animation peine à abandonner sa poule aux oeufs d’or. Pour le plus grand bonheur des fans, la série Dragon Ball GT débute le 7 février 1996. Osamu Kasai est aux commandes et la série ne s’inspire plus de l’oeuvre d’Akira Toriyama. Seulement très vite, de nombreux spectateurs se lassent du show et décrochent. Le manque d’audience oblige la Toei à raccourcir la série. Les auteurs livrent des scénarios considérés comme bâclés. La série, relativement courte, s’achèvera au bout de 64 épisodes. Annoncée comme la suite de Dragon Ball Z, on décrira DBGT comme une histoire parallèle, y compris son créateur. Finalement, l’animé a beaucoup déçu. Seule une fanbase très solide a su remarquer ses qualités. Mais à l’heure où Dragon Ball Super et son multivers essuient de vives critiques, DBGT était-il si mauvais ?

Dragon Ball GT se déroule quelques années après la victoire des Z Fighters contre Buu dans sa forme originelle (5 dans la version originale, 10 dans la VF). Pilaf, qui a la rancune tenace, invoque Kyūkyoku Shenron et souhaite accidentellement que Sangoku redevienne un enfant afin qu’il puisse le vaincre. Une fois son vœu exaucé, les Dragon Ball s’éparpillent dans l’univers. Ces boules de cristal conçues par le Namek inconnu ont une particularité. En effet, le Dragon sacré confie que si elles ne sont pas réunies dans l’année, la Terre disparaîtra.

Fait récurrent dans Dragon Ball, la Terre est souvent menacée de destruction. Afin d’empêcher le pire d’arriver, Sangoku accompagné de Pan et Trunks, rejoint l’espace en quête des 7 boules de cristal. Il a retrouvé son apparence d’enfant mais ne ressemble pas vraiment physiquement au Goku qui était le héros de Dragon Ball. Remettre les boules de cristal au centre de la narration était une très bonne idée. Depuis que des ennemis plus forts les uns que les autres arrivaient de l’espace, les boules de cristal ne servaient plus qu’à ressusciter les personnes disparues. Au début de l’oeuvre, elle n’était qu’un prétexte à l’aventure. Mais comme beaucoup d’autres idées, celle-ci sera mal exploitée.

Dragon Ball gt Dragon Ball Super

Dragon Ball GT ses problèmes, et ficelles scénaristiques

Dans la mémoire de nombreux fans, la saga Freezer est l’une des plus réussies de la série Dragon Ball Z. On peine à trouver ne serait-ce qu’un challenger dans DBGT. Pourtant, il y avait du potentiel. La série se compose de 4 arcs. Les Dragon Ball aux étoiles noires, la Saga Baby, Super C17 et les dragons maléfiques. Mais voilà : le rythme est lent, les combats sont mous, sans compter les impressions de vu et revu.

La série ne manque pas d’exemples. Lors des épisodes 7 et 8 – respectivement Une mystérieuse moustache et L’antre de l’enfer – un monstre terrorise les habitants d’un village afin d’épouser une jeune fille. Cette histoire est presque un copier-coller de l’épisode 4 de Dragon Ball : Le Grand malfaisant. Dans celui-ci, Oolong terrorise les habitants d’un village et prévoit d’enlever la fille de la personne qui héberge Goku. Il en est de même lors de l’affrontement avec les dragons maléfiques.

L’idée que Sangoku et ses amis aient abusé des Dragon Ball et affrontent des Dragon Ball incarnés était intéressante. Mais comme dans plusieurs films Dragon Ball Z, Sangoku terrasse Omega Shenron avec un Genki Dama issu des habitants de l’univers. Concernant Baby, c’est un adversaire intéressant d’un point de vue scénaristique. Rien à voir avec son look…. Issu de la planète Vegeta, anciennement Plant, il vient sur Terre assouvir sa vengeance contre les Saiyans. Mais là aussi, ça sent le réchauffé. Baby nous rappelle un être cybernétique issu de la saga des Cyborgs qui se comporterait un peu comme Buu. Dans l’arc C17, on relève un grand nombre d’incohérences avec le reste de la série. Cela lui a souvent valu d’être décrié voire moqué.

L’omniprésence de Sangoku

Dans Dragon Ball, les personnages sont charismatiques. Ils sont drôles aussi malgré eux. Même si, dans certains films, quelques personnages ont un comportement parodique. Ex Piccolo qui apparaît toujours au même moment. D’ailleurs, la plupart des fans ont un personnage préféré. Et ce n’est pas toujours Goku. Paikuhan apparaît seulement dans 3 épisodes et tout le monde se souvient encore de lui.

Mais dans DBGT, hormis Goku, les autres personnages sont vraiment secondaires et paraissent bien pâles. On croirait regarder un clip des Destiny’s Child où, de coutume, on ne voit que Beyoncé tandis que les autres savent rester à leur place. Trunks est en déroute totale. Le Trunks enfant de DBZ était plein d’humour et de surprises. Quant à Mirai Trunks, c’était un personnage mystérieux au lourd passé que les fans appréciaient. Ici, la médiocrité de Trunks ne sert qu’à mettre en avant les qualités de Goku. C’est très appuyé dans le premier arc et présent durant toute la série.

De nombreux critiques et fans se sont montré durs envers le personnage de Pan. Ils lui trouvent peu d’utilité et le qualifient téméraire et capricieux. Seulement, tous les personnages enfants et Saiyans ne peuvent pas avoir la même personnalité que Goku dans Dragon Ball. Pour moi, c’est l’un des personnages les plus aboutis de la série.

Par contre, les créateurs n’ont pas épargné certains anciens personnages emblématiques. C’est le cas de Vegeta avec sa moustache, de Mutenroshi et de ses lunettes futuristes et de Goten et Gohan que l’on peine à reconnaître avec leurs nouveaux look et attitudes. Sans compter Vegeta, l’incarnation de la fierté Saiyan, qui utilise une machine pour devenir Super Saiyan 4. Naaaaan ! Des personnages peuvent évoluer et suivre un arc narratif, mais pas vriller comme cela ! Toutefois il y a parfois, sans qu’on s’y attende, des petits moments clairvoyants où les personnages sont un peu moins fades.

DBGT en manque de Toriyama

Il est important de savoir qu’une grande majorité de séries de japanimation sont adaptées de mangas. Seuls quelques studios et auteurs réussissent le pari de séduire le public avec des productions originales. Le Studio Trigger, qui est à l’origine des séries Kill la Kill et Little Witch Academia, ainsi que le réalisateur Shin’ichirō Watanabe avec ses animés Cowboy Bebop et Samourai Champloo en sont l’exemple. Mais lorsque l’on regarde Dragon Ball GT, l’absence d’Akira Toriyama est pesante. On a constamment l’impression de regarder un épisode filler.

Dans le jargon de l’anime, un « épisode filler » n’est pas relié à la trame principale de l’histoire. Bien souvent son but est de combler des contraintes de production (combler le nombre d’épisodes, marquer une pose lorsque l’on a rattrapé le rythme du manga toujours en publication). En français, ils sont appelés « épisode de remplissage ».

Pour exemple : l’épisode 125 de Dragon Ball Passer le permis ? Une nouvelle épreuve pour Goku en est l’exemple typique. Cette histoire n’est pas issue des mangas et a été produite pour faire patienter les spectateurs.

Pourtant, la série partait avec de très bonnes idées. On sort un peu du nekketsu typique propre à la série d’origine pour laisser place à l’aventure. Pan, la petite fille de Goku, incarne la relève dans un univers où les héros étaient presque tous des hommes. La rencontre avec le Tsuful Baby était très bien amenée. Revenir à la mythologie d’Oozaru avec la transformation en SSJ4 était intéressante. Malgré quelques incohérences, là aussi. Goku est un enfant durant toute la série et ce, quelque soit son état (SSJ, SSJ3). Mais lors de cette transformation, il redevient subitement un adulte.

En conclusion, Dragon Ball GT reste une série inégale qui n’a pas été à la hauteur de ses ambitions. Elle satisfera les fans inconditionnels du Dragon Ball Verse, qui verront ses défauts mais se satisferont de ses qualités.

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