Votre PC fonctionne très bien, mais Microsoft le juge trop vieux pour Windows 11. Vous êtes loin d’être seul. Windows 10 pesait encore près d’un quart du trafic web des PC Windows français en septembre 2026, selon StatCounter.
Le support de Windows 10 s’est arrêté le 14 octobre 2025. Depuis, les particuliers ne reçoivent plus de correctifs, sauf s’ils s’inscrivent au programme de sursis de Microsoft. Ce sursis prend fin le 12 octobre 2027.
Bonne nouvelle : la plupart de ces PC peuvent passer à Windows 11 quand même. Certains n’attendent qu’un réglage, d’autres un contournement. Quelques-uns butent sur un mur que rien ne traverse. Ce guide vous aide à savoir dans quel cas vous êtes, puis à choisir la bonne méthode. Il dit aussi ce que vous perdez en route.
Avant de forcer la porte, regardez ce qui la bloque
Commencez par l’outil gratuit de Microsoft, Contrôle d’intégrité du PC. Cliquez sur « Vérifier maintenant » : il dit si le PC est compatible, et sinon pourquoi.
Le refus tient presque toujours à trois critères. Le processeur ne figure pas sur la liste de Microsoft. La puce de sécurité TPM 2.0 manque ou dort. Le PC démarre en mode hérité, qui interdit le démarrage sécurisé, ou Secure Boot. Vérifiez chacun vous-même, en deux minutes.
Le processeur
Appuyez sur Windows + R, tapez msinfo32, puis Entrée. Notez le modèle exact inscrit sur la ligne « Processeur ».
Le mode de démarrage
Dans la même fenêtre, lisez « Mode BIOS » et « État du démarrage sécurisé ». UEFI : c’est bon, même si le démarrage sécurisé est désactivé. Hérité : un réglage manque.
La puce TPM
Appuyez sur Windows + R, tapez tpm.msc, puis Entrée. Lisez la version de spécification : il faut 2.0. Le message « Module de plateforme sécurisée compatible introuvable » signale une puce absente ou désactivée.
Pour le processeur, Microsoft accepte les Intel Core à partir de la 8e génération, sortie en 2017. Chez AMD, la liste démarre aux Ryzen 2000 de bureau, de 2018, sans les APU comme les 2200G et 2400G. Les listes officielles détaillent chaque modèle, chez Intel comme chez AMD.

Parfois, il suffit de tourner la clé
Un TPM introuvable n’est pas forcément absent. D’après Microsoft, la plupart des PC récents savent faire tourner un TPM 2.0. Sur les cartes mères vendues seules, il est souvent désactivé d’usine.
Le réglage se cache dans l’UEFI, le BIOS moderne. On y entre par une touche au démarrage. Depuis Windows, passez par le démarrage avancé et ses « Paramètres du microprogramme UEFI ».
Le nom du réglage change selon les marques. Sur un processeur Intel, cherchez « Intel PTT » ou « Intel Platform Trust Technology ». Sur un AMD, cherchez « AMD fTPM switch » ou « AMD PSP fTPM ». Certaines cartes parlent simplement de « Security Device Support ».
Côté démarrage, Windows 11 demande un PC capable de démarrage sécurisé, donc lancé en mode UEFI. Activer le démarrage sécurisé reste conseillé, et le réglage se trouve au même endroit. Si msinfo32 affiche « Hérité », le disque système est sans doute au vieux format MBR. L’outil MBR2GPT de Microsoft le convertit au format GPT, sans effacer vos données.
Vérifiez d’abord que votre firmware propose un mode UEFI. Certains PC anciens n’en ont pas, et la conversion les empêcherait de démarrer. Sauvegardez vos fichiers. Si BitLocker chiffre le disque, notez sa clé de récupération et suspendez-le.
Ouvrez ensuite l’invite de commandes en administrateur, puis tapez mbr2gpt /validate /allowFullOS. Si le test passe, lancez mbr2gpt /convert /allowFullOS. Basculez aussitôt le firmware en mode UEFI, sinon le PC ne redémarrera pas. Pour activer ensuite le démarrage sécurisé, coupez aussi le CSM, le module de compatibilité avec l’ancien BIOS.
Si votre processeur figure sur la liste, ces deux réglages suffisent souvent. Windows Update finira par proposer Windows 11, sans aucun contournement.
Le mur qui arrête même le passe-muraille
Dans la nouvelle de Marcel Aymé, le passe-muraille finit prisonnier d’un mur. Windows 11 a aussi sa paroi infranchissable : deux instructions du processeur, SSE4.2 et POPCNT.
Depuis la version 24H2, sortie en octobre 2024, Windows 11 refuse de démarrer sans elles. Ce n’est pas seulement un contrôle de l’installateur, qu’une case permettrait de sauter. C’est le système lui-même qui l’exige. Même Rufus n’y peut rien.
Intel a introduit ces instructions fin 2008, avec ses premiers Core i7. AMD a adopté POPCNT dès 2007, mais SSE4.2 seulement en 2011, avec ses processeurs FX.
| Processeur | Époque | SSE4.2 et POPCNT | Windows 11 en 2026 |
|---|---|---|---|
| Intel Core 2, Pentium Dual-Core et Celeron de la même génération, Atom des netbooks, AMD Athlon 64 et Turion 64 | 2003 à 2012 | Ni l’une ni l’autre | Impasse |
| AMD Phenom, Phenom II, Athlon II, Turion II, premières APU A4 à A8, puces E et C des netbooks de 2011 et 2012 | 2007 à 2012 | POPCNT seulement | Impasse, sauf bricolage expérimental |
| Intel Core i3, i5 et i7 de la 1re à la 7e génération, AMD FX, APU sorties à partir de 2012, Ryzen 1000, APU Ryzen 2000 | Fin 2008 à 2018 | Les deux | Installable en contournant les exigences |
| Intel Core de 8e génération et suivants, AMD Ryzen 2000 de bureau et suivants | Depuis 2017 | Les deux | Compatible, avec un TPM 2.0 actif et un démarrage en UEFI |
Pour en avoir le cœur net, le logiciel gratuit CPU-Z affiche les instructions de votre processeur. Si SSE4.2 manque dans le champ « Instructions », inutile d’insister. Attention : SSE4A, propre aux anciens AMD, ne compte pas.
Pour les Phenom et leurs cousins, un correctif expérimental a fait parler de lui début octobre 2026 : POP4.2. Il modifie le noyau de Windows pour se passer de SSE4.2. POPCNT reste indispensable, ce qui laisse les Core 2 dehors.
Ce n’est pas tout. Il faut aussi remplacer à la main deux fichiers système par leurs versions de Windows 11 23H2. Microsoft a compilé les nouvelles avec des instructions SSE4.1, que ces processeurs n’ont pas. Sans ce remplacement, l’installation plante, ou Windows démarre sans pouvoir lancer l’Explorateur. C’est un jouet de bidouilleur, pas une solution pour le PC familial.
Pour ces processeurs, les vraies portes de sortie sont le sursis de Windows 10, Linux ou un autre PC.
Garder ses fichiers : passer à Windows 11 sans faire ses cartons
La mise à niveau se lance depuis Windows 10 et garde vos fichiers, vos applications et vos réglages. Faites quand même une sauvegarde : une coupure de courant au mauvais moment ne pardonne pas.
Il vous faut l’ISO de Windows 11, l’image du disque d’installation, soit 8,5 Go pour la version 26H2. Sur la page de téléchargement de Microsoft, choisissez « Télécharger l’image disque Windows 11 (ISO) pour les appareils x64 ». Prenez la version française.
La méthode la plus simple tient en une ligne de commande. Elle se passe de clé USB comme de logiciel tiers.
Monter l'ISO
Faites un clic droit sur le fichier ISO, puis « Monter ». Il apparaît comme un nouveau lecteur, par exemple le lecteur E.
Ouvrir l'invite de commandes
Ouvrez ce lecteur dans l’Explorateur de fichiers. Tapez cmd dans la barre d’adresse, puis Entrée.
Lancer l'installateur
Tapez setup.exe /product server, puis Entrée. Acceptez la demande d’autorisation de Windows.
Tout conserver
Acceptez la licence, puis choisissez de conserver vos fichiers, vos applications et vos paramètres. Lancez l’installation, qui redémarre le PC plusieurs fois.
L’option /product server fait croire à l’installateur qu’il prépare un Windows Server, moins exigeant. Si ce nom s’affiche, pas d’inquiétude : c’est bien Windows 11 qui s’installe. L’astuce fonctionne avec la version 26H2. Microsoft a déjà tenté de la bloquer dans une préversion, en 2024. Elle peut donc cesser de marcher un jour.
Autre voie : la clé USB préparée avec Rufus, décrite dans la partie suivante. Branchez-la sous Windows 10, ouvrez-la et lancez le setup.exe placé à sa racine. Depuis sa version 4.6, Rufus y glisse un lanceur qui lève les vérifications. Il faut seulement avoir coché la suppression des exigences en créant la clé.
Vous préférez une interface graphique ? FlyOOBE, le successeur de Flyby11, automatise la même mise à niveau. Téléchargez-le uniquement sur sa page GitHub. Son auteur prévient que le site flyoobe.com et le compte github.com/flyoobe n’ont rien à voir avec lui.
Et la clé de registre que Microsoft publiait en 2021 ? La valeur AllowUpgradesWithUnsupportedTPMOrCPU exigeait au moins un TPM 1.2. Microsoft l’a retirée de sa page d’aide après la sortie de 24H2. Le lanceur de Rufus l’applique d’ailleurs lui-même, parmi d’autres réglages.
Repartir de zéro avec Rufus, la clé des champs
L’installation propre efface le disque système. En échange, vous repartez d’un Windows neuf, débarrassé de dix ans de logiciels oubliés. Sauvegardez tous vos fichiers ailleurs avant de commencer.
Il vous faut l’ISO de Windows 11 et une clé USB que Rufus va vider. Prenez-la de 16 Go au moins : l’ISO dépasse 8 Go. Rufus est gratuit : téléchargez-le sur son site officiel. Sa version 4.15 date du 30 juin 2026.
Lors d’une installation propre, l’installateur ne vérifie pas la génération du processeur. Il contrôle en revanche le TPM, le démarrage sécurisé et la mémoire. C’est ce que Rufus permet de lever.
Choisir la clé et l'ISO
Branchez la clé et lancez Rufus. Dans « Périphérique », choisissez la clé. Cliquez sur « Sélection » et désignez l’ISO.
Garder l'installation standard
Laissez « Installation standard de Windows » dans « Option d’image ».
Régler le démarrage
Si msinfo32 indiquait UEFI, choisissez GPT dans « Schéma de partition ». Vérifiez que « Système de destination » affiche « UEFI (non CSM) ». S’il indiquait Hérité, choisissez MBR et « BIOS (ou UEFI-CSM) ».
Lever les exigences
Cliquez sur « Démarrer ». La fenêtre « Expérience de l’utilisateur Windows » s’ouvre. Cochez « Supprimer la nécessité d’avoir 4Go+ de RAM, Secure Boot et TPM 2.0 ».
Démarrer sur la clé
Redémarrez le PC en appelant le menu de démarrage. La touche varie selon les marques : souvent F12, F11, F8 ou Échap.
Installer sans clé de produit
Cliquez sur « Je n’ai pas de clé de produit ». Choisissez la même édition que votre Windows 10, Famille ou Pro.
La licence d’un Windows 10 activé vaut pour Windows 11. Lors d’une réinstallation, Windows 11 s’active en ligne une fois l’installation terminée. Si votre Windows 10 n’a jamais été activé, méfiez-vous des clés Windows à prix cassé.
La même fenêtre de Rufus propose d’autres cases utiles. Windows 11 exige un compte Microsoft à l’installation, en Famille comme en Pro pour un usage personnel. Pour l’éviter, cochez « Supprimer la nécessité d’utiliser un compte utilisateur Microsoft en ligne ».
Ajoutez « Créer un compte local sous le nom de : » avec le nom voulu. Windows vous fera choisir le mot de passe à la première connexion. Rufus prévient que le réseau doit alors rester coupé pendant l’installation.
La case « Améliorations ‘QoL’ » évite que Windows impose Copilot, OneDrive ou Outlook.
Une autre case se manie avec soin : « Utiliser les bootloaders signés par ‘Windows CA 2023’ ». Elle ne sert qu’aux PC dont le firmware connaît les nouveaux certificats de démarrage. Sur un vieux PC, laissez-la décochée. Si la clé est refusée au démarrage pour violation de sécurité, refaites-la en cochant cette case. Si l’erreur persiste, coupez le démarrage sécurisé le temps de l’installation, puis réactivez-le.
Ne cochez jamais « Effacer le disque ⚠SILENCIEUSEMENT⚠ et installer ». Apparue dans Rufus 4.14, en avril 2026, cette option installe Windows sans poser une seule question. Elle efface d’office le premier disque détecté, qui n’est pas forcément celui que vous croyez.


Ce que coûte le passage en force
Microsoft ne vous empêche pas de passer outre, mais il prévient sur sa page d’aide. Il écrit qu’un PC non conforme « ne sera plus autorisé à recevoir des mises à jour ». Les dégâts dus à l’incompatibilité ne sont pas couverts par la garantie du fabricant. Un filigrane s’affiche sur le bureau, et une notification peut apparaître dans Paramètres.
Le piège le plus concret est ailleurs. Windows Update ne propose pas les nouvelles versions de Windows 11 aux PC non compatibles.
Or chaque version n’est suivie que deux ans sur les éditions Famille et Pro. La version 24H2 reçoit son dernier correctif le 13 octobre 2026. La 25H2 tient jusqu’au 12 octobre 2027 inclus, la 26H2 jusqu’en octobre 2028.

Sur un PC non compatible, ce changement de version annuel est donc à faire vous-même. Tapez winver dans le menu Démarrer pour connaître la vôtre. Si elle approche de sa fin, refaites la mise à niveau avec l’ISO la plus récente. La commande reste la même, setup.exe /product server, et vos fichiers restent en place.
Vous croiserez peut-être le nom du package d’activation KB5121794. Il fait passer un PC de 24H2 ou 25H2 à 26H2 en un seul redémarrage. Mais Windows Update ne le propose qu’aux PC compatibles, et Microsoft ne le publie pas dans son catalogue de téléchargement. Sur un PC non compatible, la voie officielle reste donc l’ISO.
Dernier détail, moins visible : les certificats du démarrage sécurisé. Ceux de 2011 expirent entre juin et octobre 2026, et Microsoft les remplace par des versions de 2023. Un PC privé des nouveaux continue de démarrer normalement. Il ne reçoit plus, en revanche, les nouvelles protections de la phase de démarrage. Certains vieux firmwares doivent d’abord être mis à jour par le constructeur pour les accepter.
Le plan B : Windows 10 joue les prolongations jusqu’en 2027
Rien ne vous oblige à basculer cette semaine. En juin 2026, Microsoft a discrètement prolongé son programme de mises à jour de sécurité étendues, l’ESU. Il court désormais jusqu’au 12 octobre 2027.
En France, comme dans tout l’Espace économique européen, l’inscription est gratuite avec un compte Microsoft. Il faut simplement rester connecté au PC avec ce compte. Si vous cessez de l’utiliser pour ouvrir votre session, les correctifs s’arrêtent au bout de 60 jours au plus.
Pour garder un compte local, comptez un achat unique de 30 dollars, ou l’équivalent en euros, taxes en sus. Il faut alors se connecter à un compte Microsoft le temps de l’achat.
Le PC doit tourner sous Windows 10 version 22H2, avec une session administrateur. Ouvrez Paramètres, Mise à jour et sécurité, puis Windows Update. Cliquez sur « S’inscrire maintenant ». Déjà inscrit ? Vous n’avez rien à faire, votre couverture se prolonge d’elle-même.
Ce sursis laisse un an pour économiser, guetter une promotion ou tester Linux sans précipitation.
Linux, ChromeOS Flex ou PC neuf : les autres portes de sortie
Pour un processeur dans l’impasse, Linux reste la meilleure seconde vie. Les distributions pensées pour les débutants, comme Linux Mint, reprennent les codes de Windows. Elles s’installent avec une simple clé USB.
Google propose aussi ChromeOS Flex, gratuit, qui transforme un PC en Chromebook. Mais Google déconseille les processeurs Intel et AMD de 2012 ou avant. Il ne sauvera donc pas les machines arrêtées par SSE4.2.
Reste le remplacement. Un PC reconditionné récent passe Windows 11 sans détour, pour moins cher qu’un neuf. Pour un portable, les critères de choix d’un PC portable valent aussi pour l’occasion.
Notre avis : le contournement vaut la peine sur un PC de 2009 à 2017 en bon état. Son processeur doit seulement passer le test SSE4.2. Acceptez aussi le rendez-vous annuel de la mise à niveau. Si la machine a encore un disque dur mécanique, passez d’abord à un SSD. Le gain se sentira bien plus que celui de Windows 11.
Questions fréquentes
Peut-on installer Windows 11 sur un vieux PC ? Oui, si son processeur gère SSE4.2 et POPCNT. C’est le cas des Intel Core i depuis fin 2008. Chez AMD, il faut un FX de 2011 ou plus récent. Les puces E et C des netbooks de 2011 et 2012 ne passent pas. Les Intel Core 2 et les AMD Phenom restent dans l’impasse.
Comment rendre son PC compatible avec Windows 11 ? Activez la puce TPM dans l’UEFI, et faites démarrer le PC en mode UEFI plutôt qu’en mode hérité. Si le processeur figure sur la liste de Microsoft, cela suffit souvent. Sinon, aucun réglage ne le rendra officiellement compatible.
Comment forcer l’installation de Windows 11 ? Pour garder vos fichiers, lancez setup.exe /product server depuis l’ISO montée. Pour repartir de zéro, créez une clé avec Rufus et cochez la suppression des exigences.
Peut-on le faire sans clé USB ? Oui. La commande setup.exe /product server se lance depuis l’ISO, montée comme un lecteur dans l’Explorateur.
Est-ce gratuit ? Oui. L’ISO de Microsoft et Rufus sont gratuits, et la licence d’un Windows 10 activé vaut pour Windows 11.
Mon PC recevra-t-il les mises à jour ? Microsoft ne garantit rien, pas même les correctifs de sécurité. Une chose est sûre : la nouvelle version annuelle est à installer vous-même.
Je ne peux pas installer Windows 11 sur mon PC. Que faire ? Inscrivez-le au programme ESU, qui le protège jusqu’au 12 octobre 2027. Profitez de ce délai pour essayer Linux ou préparer un remplacement.
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