Intelligence Artificielle les grandes dates

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La machine de Turing

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le célèbre mathématicien britannique Alan Turing s’applique à déchiffrer le code Enigma utilisé par les Allemands. Pour la petite histoire, Enigma était une machine à codage électromécanique qui remplaçait des lettres de l’alphabet par d’autres. Elle permettait ainsi aux Allemands de communiquer en chiffrant leurs messages. Elle fut brevetée par l’ingénieur allemand Arthur Scherbius en 1918. Turing et son équipe mirent au point la machine Bombe. Celle-ci était capable de simuler une correspondance entre des données claires et cryptées pour simuler une correspondance. Elle pouvait tester plus de 159 milliards ajustements possibles, ce qui correspondait à l’époque au travail de 10 000 cryptanalyses. En plus d’avoir participé au vacillement du régime nazi en émulant un processus cognitif, la machine Bombe de Turing a donné naissance aux prémices de l’intelligence artificielle.

enigma et machine bomb
À gauche un modèle Enigma, sur la droite une Machine Bomb de Turing à 4 Rotors.

Les années 50 : Le début de la recherche

Enigma et Bombe ont posé les bases de l’apprentissage automatique. Turing dira qu’une machine capable d’échanger avec un humain sans qu’il ne puisse s’en rendre compte gagnera le jeu de l’imitation et pourra être dite intelligente. De nombreuses réalisations verront le jour mais c’est en 1956, pendant la conférence au Darthmouth College, que le mot IA sera adopté.

En 1951, le Ferranti Mark 1 est installé à l’Université de Manchester. Il est présenté comme le premier ordinateur commercial au monde. Alan Turing, alors directeur du laboratoire informatique de l’Université, rédige son manuel d’utilisation. Censée être un succès, l’ascension commerciale du Mark 1 s’estompe suite à un changement de gouvernement et des restrictions budgétaires. Par la suite, les chercheurs Newell et Simon développent l’algorithme General Problem Solver. Celui-ci a pour but de résoudre des problèmes humains énoncés sous la forme d’un programme de simulation. Démodé aujourd’hui, il continue d’influencer les modèles du traitement symbolique de l’information à travers son successeur, le modèle SOAR. En 1958, John McCarthy, encore chercheur au MIT et futur inventeur du concept d’Intelligence Artificielle, développe le langage LISP aujourd’hui considéré comme une référence pour l’apprentissage automatique.

ferranti mark 1

1956 : Naissance du Concept d’Intelligence Artificielle

C’est pendant la conférence au Darthmouth College aux Etats-Unis que l’Intelligence Artificielle naît en tant que science. Cette conférence devenue historique aujourd’hui réunit à l’époque presque toutes les figures de l’IA. John McCarthy organisateur, Herbert Simon et Allen Newell qui présenteront leur programme Logic Theorist. Le but de Logic Theorist était de démontrer automatiquement des théorèmes, en essayant de reproduire le plus fidèlement la pensée humaine. Considéré aujourd’hui comme la toute première intelligence artificielle de l’histoire, le programme reçut un accueil mitigé lors de la conférence. Les mathématiciens Marvin Minsky et Claude Shannon, fondateurs de la théorie de l’information, étaient aussi présents. Ces pionniers souhaitaient créer des machines capables de rivaliser et de dépasser l’intelligence humaine. Pour arriver à leur objectif, ils s’appuyaient sur les nouvelles technologies informatiques naissantes.

Marvin Minsky et Ray Solomonoff, Claude Shannon, John McCarthy, Trenchard More, Oliver Selfridge, Nathaniel Rawchester.

1966 : Naissance du premier chatbot

Années 1960, Joseph Weizenbaum, enseignant au MIT, écrit un programme qu’il baptise ELIZA. Son programme a une spécificité particulière : il peut interagir avec des personnes ! Cela est permis grâce à des scripts qui lui permettent de simuler divers interlocuteurs. Weizenbaum connaissait les limites de son programme et souhaitait que l’expérience soit la plus intéressante possible. Il se demanda dans quel contexte une personne se satisferait de réponses mécaniques. C’est de là que lui vint l’idée de la psychiatre « Eliza ». Le résultat fut plus que satisfaisant ! Certains interlocuteurs s’attachaient même à leur interlocutrice. Cependant la limite d’Eliza résidait dans le fait qu’elle était uniquement capable de relancer ses interlocuteurs et incapable de construire des réponses utiles. Tester Elisa.

Les années 70 : L’hiver de l’IA, quand l’intérêt et les financements baissent

Malgré les promesses des pionniers de l’IA ainsi qu’un effort mondial de financement pour la recherche et le développement, les attentes ne sont pas tenues.

A l’époque, l’avènement des ordinateurs avait fait rêver ces hommes mais la puissance de calcul des processeurs de ces machines était encore assez limitée. N’oublions pas qu’il a fallu attendre 1997 pour qu’un ordinateur batte un champion du monde d’échec. Même aujourd’hui, les assistants informatiques peinent à atteindre le niveau d’un traducteur.

HEARSAY I – logiciel de reconnaissance vocale

C’est Raj Reddy, professeur d’informatique à l’Université Carnegie Mellon en Inde, qui est le père des systèmes de reconnaissance vocale. En 1973, il va programmer HEARSAY dont les techniques de programmations continuent d’alimenter la création des programmes de reconnaissance vocale contemporains.

1972 : L’Inteligence Artificielle entre dans le monde médical

Un système expert est un ensemble de logiciels qui utilise des connaissances relatives à un domaine défini dans le but d’apporter des recommandations ou de résoudre un problème qui nécessite une expertise humaine. Pour ce faire, il va utiliser des ressources telles qu’une base de connaissance, un moteur d’inférence et des outils de communication entre le système et l’utilisateur.

MYCIN est l’un des premiers systèmes experts. Il fut programmé en LISP par Edward Shortliffe, médecin à l’Université de Standford. Sa base de connaissance fut rédigée avec l’appui des professeurs de médecine de l’Université. MYCIN permettait de diagnostiquer et de mettre en place des traitements dus aux infections bactériennes. L’utilisateur pouvait même demander au système d’expliquer ses choix. Il a une grande importance historique car il est considéré comme l’archétype du système expert. Il influencera le développement de systèmes de grande renommée.

Wabot-1 : Le premier robot japonais

À la fin des années 90, les entreprises américaines se sont de nouveau intéressées à l’IA. Le gouvernement japonais a dévoilé ses plans pour développer un ordinateur de cinquième génération afin de faire progresser l’apprentissage automatique.

Wabot fut le premier robot humanoïde intelligent et bipède conçu au sein de l’université de Waseda en 1973. Il a la capacité de voir et de marcher, malgré une activité limitée. Le robot peut aussi saisir des objets et communiquer en japonais. Il est alimenté par des capteurs solaires. Son apparence humanoïde est encore approximative.

1986 : netTALK parle

Avec netTALK de Charles Rosenberg et Terrence Sejnowski, l’ordinateur prononce ses premiers mots. Le programme peut lire des mots et les prononcer correctement. Il a aussi la capacité d’enrichir sa base de données des mots qu’il ne connait pas. Il fait partie des premiers réseaux de neurones artificiels.

Deep Blue : The Man vs The Machine

En 1997, le champion du monde d’échecs Garry Kasparovacceptait le défi d’IBM et affrontait le superordinateur Deep Blue. C’était le match final entre l’homme et la machine dont Kasparov était persuadé de sortir vainqueur. Pour lui, un ordinateur ne pourrait pas battre un expert aux échecs. Mais voilà, Deep Blue pouvait analyser 100 millions de mouvements par seconde, contre seulement 3 pour Kasparov, afin de se concentrer sur les possibilités les plus prometteuses. Finalement Kasparov perd face à la puissance de calcul du superordinateur Deep Blue.

Challenge automobile de la DARPA

En mars 2004, la DARPA organise une course automobile avec des véhicules autonomes. Le premier véhicule capable de parcourir 225 km au sein du désert de Mojave permettait à son équipe de remporter 1 million de dollars. Cependant, aucun des participants ne gagna la course et le meilleur d’entre eux parcourut 11 km seulement. C’est en octobre 2005, au cours d’une seconde édition de la course, que le robot Stanley remporte la course. Son équipe était dirigée par Sebastian Thrun, futur fondateur du projet Google Car.

Vidéo de la course :

2011 : L’Intelligence Artificielle entre dans le quotidien

La recherche et le développement, ainsi que des ordinateurs dotés de microprocesseurs et de carte graphiques plus puissantes, permettent à l’IA de prendre place dans notre quotidien.

En février 2011, le programme de Cognitive Computing d’IBM Watson remporte un jeu télévisé. De son côté, son confrère de Google peut prendre rendez-vous chez le coiffeur et converser avec un interlocuteur sans que celui-ci ne sache que c’est une machine.

L’accroissement de la capacité de traitement a notamment permis aux différents géants du Web de se développer de manière exponentielle. Cela à permis la création de nombreux service connectés qui sont venus bouleverser notre quotidien. Assistants connectés, GPS, enceintes, etc. Puis viendront les différents assistants vocaux. Siri d’Apple en 2011, Cortana de Microsoft en 2014, ainsi que le service Alexa de Amazon en 2015.

Les services de traduction automatique n’ont pas encore la finesse d’un ou d’une traductrice, mais ils sont capables de retranscrire un texte d’une langue à une autre de manière compréhensible.

Malgré cela, l’IA en est encore à ses prémices et tend à se développer davantage pour être adoptée au sein de domaines encore sensibles tels que la conduite automobile ou le secteur médical.

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